mercredi 26 octobre 2011

Pour le plaisir (II)


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J'étais absent, ce mardi, en pleine exploration (organisée !...) de ce territoire des Landes de Gascogne, partant du fond inférieur du Bassin d'Arcachon, c'est-à-dire du Delta de l'Eyre (ou de la Leyre), zone humide riche de diversité biologique, magnifique réserve ornithologique, pour remonter (par route) le cours de la Leyre et se retrouver en milieu forestier (forêt, industries du bois, stockage arrosé de sauvegarde des milliers de tonnes d'arbres enlevés à la suite du passage de Klaus en janvier 2009...).P1230054(1).JPG






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Puis sur un lieu de découverte de la nature et d'éducation à l'environnement (plateau landais, rupture de relief et vallée de la Leyre, pins maritimes, chênes, feuillus de la ripisylve, fond de vallée, forêt galerie... en site Natura 2000).P1230060(1).JPG





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Ensuite découverte des lagunes très vraisemblablement glaciaires et de leur diversité biologique (site Natura 2000) et puis, le point d'orgue avec la forêt (forêt mutilée notamment) et l'airial : l'airial de l'écomusée de Marquèze et tout son environnement d'avant la grande forestation.P1230066(1).JPG
P1230070(1).JPGEnfin, les collections de l'écomusée, magnifiques (entre autres un ensemble de mariée du XIXème siècle, une pelisse de berger, des vêtements, des ustensiles ménagers, des outils, des meubles... le tout traité, protégé, classé... évidemment).






Une journée chargée en vue d'un rapport qui sera produit devant le Ministère de l'Environnement et le Conseil national de protection de la nature très prochainement.P1230076(1).JPG


P1230079(1).JPGEt peut-être encore des photos pour ce blog... qui sait ?








           
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P1230085(1).JPGEn attendant, voici un extrait de mon album de voyage du début du mois : trois jours dans les Vosges du Nord (pour situer : région de Bitche - ligne Maginot, entre l'Allemagne et Saverne, à cheval sur la Moselle et le Bas-Rhin (et donc à cheval sur Lorraine et Alsace). Au retour, nous avons eu quarante minutes pour une incursion à Strasbourg avant un rendez-vous à l'aéroport. Le cœur de Strasbourg donc, en "rapide vite fait"... P1230087(1).JPG





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Ce post fait donc suite à 

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Avertissement. Photos évidemment libres de droits, mais considérablement compressées (redimensionnées).

samedi 22 octobre 2011

Haka et lumière du matin.

L’actualité nous donne les occasions d’échapper à notre contexte politique (électoral serait plus juste) et, demain, avec nombre de mes concitoyens et avec des potes accros, je serai face à un écran géant, subissant le haka maori des kiwis. Nous nous lèverons au moindre déploiement offensif des « bleus » (qui joueront en blanc, marque de respect vis-à-vis de leurs hôtes et adversaires néo-zélandais), gueulant après le cafouillage et la perte du ballon dans un regroupement ; faisant silence lorsque Morgan Parra (ou Dimitri Yachvili) devra botter entre les perches sur de rares fautes des « blacks », applaudissant l’essai adverse, hurlant après celui d’un bleu ; scrutant l’alignement en touche et guettant le lancer de William Servat ; espérant la position des joueurs et du numéro dix pour un drop mettant trois points dans l’escarcelle du XV de France… Bref, ce sera joyeux, ce sera coléreux, ce sera un bruyant (buvette aidant !!!...) forum de spécialistes ayant raison contre chaque contradicteur, ce sera convivial… Putaing con !

Et quel que soit le résultat, cela se terminera devant un confit de canard bien arrosé ! Et… nous referons le match indéfiniment avant de nous séparer.

Qui a dit que j’allais faire une bonne sieste ?



Échapper à notre contexte médiatico-politico-tristounet ? Facile chaque matin… 


Le matin… sur fond de clair azur une lumière incidente parcourt la végétation aérienne et allume la ramure des grands arbres alentour de stries flamboyantes, de taches rubescentes, de rutilances et de dorures.

Un léger souffle froid agite tour à tour ce monde flamboyant de légères ondulations qui se propagent d’arbre en arbre, et de vibrations scintillantes dont on attendrait que tous ces limbes tintent comme autant de bijoux, de pendentifs et broches,  haut perchés.


Ailleurs, là où le vélo me conduit, pénétrant les futaies de pins maritimes et tombant à l’oblique, cette lumière enflamme les parterres de fougères sénescentes auxquelles elle donne une nouvelle jeunesse, miracle de ces matins clairs qui se reproduit encore à l’heure du crépuscule automnal.



J’ai fait des photos. Revues, elle mes semblent banales à côté de ce que mon regard a enregistré.

mercredi 19 octobre 2011

Où l'on reparle de frelon asiatique, bien installé dans le quartier.

19 octobre 2011

P1120272.JPGDepuis 2009, les lectrices-lecteurs de mes autres blogs ont pu en savoir plus -et de façon éminement illustrée-  sur l'aspect, sur la morphologie, sur les caractéristiques de taille et de couleur d'un arthropode, en fait un insecte (3 paires de pattes) social, hyménoptère de la famille des vespidae : le "frelon asiatique", Vespa velutina nigrithorax (parce que à thorax noir), de taille intermédiaire entre notre frelon commun et une grosse guêpe, et... à pattes jaunes.P1120271.JPG





P1120269.JPGEn savoir plus également sur la façon dont un certain nombre d'amis de l'apiculture piègent ce prédateur d'abeilles en sortie d'hiver et printemps afin d'essayer de limiter le nombre de nids que les fondatrices (les reines) vont initier en sortie de quiescence hivernale. Piégeage à reprendre d'ailleurs avec les premiers froids car l'insecte vole actuellement et butine : ses besoins ne vont plus être de protéines pour ses larves mais de pollen et nectar pour trouver les réserves énergétiques lui permettant d'hiverner. Je piège d'ailleurs tout à la fois des asiatiques et des "européens" (V. crabro).P1130155(1).JPG



P1130158(1).JPGA propos de piégeage, mes pièges sont assez "sélectifs" (je libère même les frelons communs, V. crabro), néanmoins les scientifiques sont en désaccord avec cette technique (ils mettent au point des pièges très sélectifs et attractifs utilisant les phéromones sexuelles de V. velutina qui attireront essentiellement les ouvrières, les prédateurs d'abeilles, pas les fondatrices, piégeage indispensable aux abords des ruchers) et mes blogs parlant de ce problème m'ont attiré une mise au point d'un chercheur du MHN, le muséum d'histoire naturelle, suivie d'un échange de correspondances très constructif. Les entomologistes craignent, avec "nos" techniques de piégeages, que nous nous attaquions à la diversité entomologique : en fait, les calendres de nos voitures et les skimmers des piscines (cf ce blog en 2010) condamnent autrement plus de lépidoptères (papillons) et d'insectes utiles ou auxiliaires, en particulier syrphidae (prédateurs de pucerons), que nos pièges, "mes" pièges en tout cas. Eux, en outre, recommandent, outre la destruction des nids qui désorganise les colonies (plusieurs milliers de sujets dans un grand nid perché) mais qui est "dangereuse", le piégeage estival : celui que pratiquent les apiculteurs car c'est à proximité des ruches que ces frelons attendent les ouvrières chargées pour fondre sur elle et les découper et emporter les thorax, alimentation protéique principale de leurs larves, vers le nid... P1130160(1).JPG

Les premiers froids conjugués à la photopériode (durées du jour diminuant nettement) vont permettre la chute des feuilles de nombre d'espèces de grands arbres à feuilles caduques. Ce sera alors l'occasion de se faire une idée de ce que l'on a eu comme "grands" nids perchés (mais il y a des nids de grosse taille dans les haies : dangereux, et des nids "secondaires" plus petits sous les avant-toits, dans les charpentes d'appentis, voire des creux et anfractuosités de murs) dans les environs de chez soi.

Les photos qui illustrent ce post montrent d'une part notre découverte de novembre 2009, chez un voisin, nid sur lequel un zoom permet de voir qu'il est dégradé (et "vide"), nid secoué ensuite par la tempête Xynthia et dont les fragments (quelle architecture, splendide ; ces nids sont à étages de larges alvéoles en spirale) sont tombés alentour.

P1230148(1).JPGC'était côté pair de notre "allée". Cette année, 2011, nous avons un beau nid côté impair, mais dans un sapin cette fois-ci. Et le zoom permet de distinguer nettement les insectes en activité (photos prises jeudi dernier).








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vendredi 14 octobre 2011

Pour le plaisir (I)...

... de la vue et, plus égoïstement, celui de me soubenir de ces instants, avec l'espoir de "remettre ça" de temps à autre.

P1210077(1).JPGDe La grande Motte (Hérault), insolite, à l'Abbaye de Lagrasse (Sainte-Marie d'Orbieu) dans l'Aude, en passant par Béziers (cathédrale) et l'Abbaye de Fontfroide (Sainte-Marie de Fontfroide) (le Minervois est proche, coucou Mme Aqua) :
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Cliquez sur les photos, mais attention, ces images jpeg sont fortement compressées (redimensionnées)







Fontfroide (22 mai 2011)
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Lagrasse (22 mai 2011)
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Et puis... retour chez moi, et un autre plaisir de la vue :
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jeudi 29 septembre 2011

Gabier, hussard de la République, militant de l’exigence (la buée derrière les lunettes).

Daté du 27 septembre au soir sur un autre blog :

Voilà…

Comment vous l’exprimer ? D’abord, je vais être absent de mon clavier, de chez moi, quelques heures, une journée. Normal, rien de spécial à cela.

un pote, la mort, le chagrinSauf que demain en fin de matinée, je serai dans le Périgord pour la cérémonie funèbre et l’incinération d’un pote. Un petit jeune de soixante-sept ans. Gabier certifié du Bélem, hussard de la République, fidèle pote, petit mais grande gueule, ancien demi-de-mêlée et père d’une fille et d’un première ligne de rugby, indéfectiblement de gauche, celle des révoltés permanents, des indignés, des intransigeants.un pote, la mort, le chagrin

Récemment retraité, à 61 ans et quelques mois, j’avais en 2001 conduit Monsieur à Concarneau pour le premier de ses embarquements sur le Bélem. C’était un cadeau collectif que nous lui avions fait lorsqu’il avait soldé ses droits à la retraite d’instituteur (pas prof des écoles, non : instit) : naviguer sur le Bélem, préparer son grand rêve (inaccessible en fait) d’acquisition d’un voilier et de tour du monde, bras d’honneur géant à la proue.

un pote, la mort, le chagrinD’ailleurs, après avoir vu le trois mâts franchir la passe et s’éloigner de Concarneau, j’avais accompli une sorte de pèlerinage, refaisant un an plus tard en partie le dernier trajet autonome de mon père, quatre-vingt dix ans en 2001. La Bretagne n’était pas son pays « natal » (père officier, fils né en ville de garnison, presque face aux Teutons) mais celui de son enfance (dès le veuvage de sa mère au printemps 1915) et de son adolescence. Mon père s’était « offert » un dernier voyage allant du Morbihan à Morlaix, avec un maximum de points de balade (courte) à pieds sur le sentier du littoral. Je savais qu’il ne reprendrait plus sa Twingo, que bientôt sa mobilité serait réduite…

Hussard de la république : vous savez, ces gens dont un certain petit bonhomme arrivé à la magistrature suprême en 2007 a dit un jour qu’ils incarnent moins nos valeurs que le curé de la paroisse (toubib et curé : les vrais notables !).un pote, la mort, le chagrin
Ces gens qui se sont usés, oui : malgré les congés et les jeudis devenus mercredis…  qui se sont usés à l’accueil, à la pédagogie, au lien social souvent, à l’innovation (ce fut le cas de mon ami avec l’informatique en primaire, il y a… ouh…), aux kermesses, aux lotos ; ceux qui, par exemple, dans nos campagnes, trimballaient le Debrie 16 et organisaient les séances de cinéma dans les Foyers Ruraux et… dans les patros avec le curé du coin. Pareil en banlieue… mon pote, venu des bords de sa Dordogne (c’est là qu’il a rendu l’âme samedi soir) enseignait en banlieue bordelaise. En banlieue bigarrée. En banlieue « des cités ». Et il y a fait du bon boulot. Souvenirs de fins de Ramadan… souvenirs de kermesses aux relents culinaires maghrebins, africains, caraïbes, asiatiques… Un président de parents FCPE algérien…

un pote, la mort, le chagrinJ’ajoute que son épouse, aujourd’hui effondrée, était… hussarde elle-aussi, directrice de maternelle dans une banlieue ouvrière. Accueil, lien social… puériculture appliquée, nettoyages de cacas, consolation de bouts de chou…


Ayant pris sa retraite et étant retourné « au pays » (qui est aussi celui de son épouse), il avait rangé son légendaire scepticisme et avait repris goût au militantisme, plus particulièrement depuis 2006-2007. Il avait, ils avaient tous deux, une vie associative intense.

Par pudeur, « elle » ne m’a jamais dit l’essentiel au téléphone. Sinon que j’étais attendu, qu’il y avait un moment que je n’étais pas allé les voir, que « ma » chambre m’y attendait, qu’il fallait discuter plantations et transplantations, qu’il y avait des noisettes à ramasser dans le jardin, qu’il fallait se retrouver pour » aller aux cèpes »… Et je remettais ce « voyage » (quoi : deux petites heures de voiture).
Et ce couillon est parti sans que je lui aie dit bonjour (adiu), que j’aie entamé une de ces discussions politiques orageuses dont, tout de même, le lieu géométrique était cet Élysée tenu par un antisocial, un organisateur de la prédation fiscale des classes moyennes et des petits contribuables… au service de quelques puissants et fortunés ; un destructeur de l’École de la République, de l’Hôpital de la République, du lien social au sein de la Nation…un pote, la mort, le chagrin


Bon ! je culpabilise mon vieux Jean-Paul, évidemment. Je redoute le moment où je verrai les yeux gonflés de chagrin de ton épouse. J’ai eu ton fils au téléphone, deux fois, dont une longuement ce matin, j’ai enfin compris qu’au-delà de l’infarctus qui n’en était qu’une conséquence, il y avait une dégénérescence et une condamnation à peu d’années avec un corps répondant à peu près et un cerveau vraiment lucide. Mais tout de même de beaux projets dont un, à défaut de prendre la mer, celui de pouvoir au moins, de temps à autre, dans l’année la contempler depuis une de nos îles atlantiques… dans tes prix s’entend.


Tu n’étais pas revenu ici depuis treize ans. Voici trois ou quatre images modestes de nos lumières d’automne.
Petit matin dans le prunus, les roses qui n'en finissent pas de grimper et s'épanouir, prunus et querçus américain au couchant... et ce couillon de cerisier en fleurs depuis trois semaines (comme son voisin de seringat...)


un pote,la mort,le chagrinCe 28 septembre, alors que se déroulait la cérémonie d'adieu au colombarium, je ne pouvais m'empêcher de me souvenir du décès de mon père... dont l'incinération a eu lieu un 28 septembre, il y a tout juste quatre ans... Je l'évoque d'ailleurs dans ma réponse (ci-dessous "commentaires") à Pivoine et à Hubert 41.

Mais, si je reprends cette note, c'est parce que je dois à la vérité quelques compléments. Instituteur qui refusait que les drôles l'appellent "maître" mais le connaissent par son prénom, (précisons pour les gens d'ailleurs qu'ici les drôles sont les enfants), mon pote, gabier du Bélem, avait une "vocation" toute autre. La médecine. Il avait d'ailleurs entamé son PCB[*] (ne cherchez pas, c'est de nos âges, comme pour moi qui ai suivi SPCN[*]... d'ailleurs avec des TP et TD en commun avec le PCB) quand sa famille, très modeste, en désaccord total avec ses projets (on lui avait fait faire du petit séminaire avec l'espoir de voir éclore une tout autre vocation... avec pour résultat d'en avoir fait un athée... relativement anticlérical) lui a coupé les vivres.un pote,la mort,le chagrin

un pote,la mort,le chagrinIl a ruminé toute sa vie d'homme cette frustration, considérant dans les moments de cafard qu'il était en échec. Cela ne vous étonnera alors guère de savoir qu'il a continué de lire des traités de biologie, d'anatomie, de biochimie... et qu'il se tenait informé tout à la fois des progrès de la médecine et des difficultés de la recherche sur certaines maladies... Le genre de patients susceptibles de mettre mal à l'aise les toubibs... comme d'être, au contraire, d'excellents auxiliaires de ces derniers dans l'application des thérapies.un pote,la mort,le chagrin
Sa curiosité, soyons rassurés, dépassait largement le domaine de la médecine et ce petit homme, au regard vif, dirigeant ou du moins dévoué au club de rugby local (qui joue en Pro D2), à l'humour corrosif, était un puits de culture.

En tout cas, j'ai su aujourd'hui qu'il était parfaitement lucide sur son avenir, sur ce qui lui bouffait cervelet, bulbe rachidien et moelle épinière, et sur les dangers encourus au plan cardiaque.

un pote,la mort,le chagrinMa passagère durant quelque quarante minutes, son épouse, me disait qu'il avait dit "stoïque vis à vis de la souffrance et de la maladie, épicurien car la vie doit se dévorer comme il se doit".



Encore des images : accompagnant ses cendres, dispersées dans la Dordogne et "devant rejoindre la mer" comme cela a toujours été sa volonté, nos roses, nos pauvres accompagnatrices (quasiment en face de la maison de son enfance).un pote,la mort,le chagrin
Et, comme je n'ai pas eu le temps (ou l'incorrection vis à vis de ma passagère) de fixer certains paysages vallonnés, boisés, aux couleurs de prémices d'automne, je mets des photos prises près de sa maison, son univers urbain.


Salut, gabier ! Je me souviens de ta fierté d'être monté dans les vergues dès ton premier stage sur le Bélem, et de ta joie de m'annoncer que tu avais participé à un quart de veille en montant dans la hune. Tout là-haut.

Tout là haut...

[*] Les propédeutiques sciences (1er cycle en fac des sciences) comportaient MPC (maths, physique, chimie) faisant suite au bac "maths" ou, pour les bons en maths, au bac "sciences expérimentales", SPCN (sciences physiques, chimiques et naturelles) suivant le bac sciences ex ou sur examen spécial d'entrée en fac de sciences pour des filières genre agriculture, et PCB (physique, chimie, biologie), préalable aux études médicales ou dentaires. 
SPCN et MPC se sont ensuite effacées au profit des DUES (dipl.universit. d'études scientifiques, avec options) remplacés ensuite par les DEUG sciences. Quant au PCB, il est devenu CPEM puis PCEM (premier cycle des études médicales)...

Pour plus de clarté, ci-dessous les échanges de commentaires sur le blog dont la présente note est issue :

Commentaires

Une pensée amicale pour vous Bruno.
Courage pour cette journée si difficile à passer.
Écrit par : pivoine | 27.09.2011
Un coucou à toi et à l "honnête homme"..
Écrit par : hubert41 | 27.09.2011
Plus difficile pour une famille que pour moi... Pour revenir du crematorium au domicile, soit une quarantaine de minutes (par des paysages périgourdins splendides), j'ai été le chauffeur de l'épouse de mon gabier. Son fils m'a dit, cet après-midi, qu'elle l'avait prévu, qu'elle m'attendait, qu'elle le voulait. Quarante minutes étrangement détendues (cela m'a rappelé l'apaisement ressenti lorsque j'allais retrouver mon père dans le funérarium il y a quatre ans... il y a quatre ans pile aujourd'hui que lui-même a été réduit en cendres) durant lesquelles elle m'a décrit leur dernière journée, elle m'a expliqué la chute (le cervelet déclenchant le court-circuit, la moelle épinière dégradée) et le dernier spasme dans ses bras, la tentative de réanimation... Durant lesquelles elle m'a expliqué sa maladie et leurs projets. Durant lesquelles nous avons rattrapé trois ans, ou quatre même, uniquement meublés de méls et de conversations téléphoniques... et ma promesse sans cesse repoussée de week-end. "Tu te souviens que tu as ta chambre qui t'attend"...

Hélas, mon épouse (par qui je les ai connus) et eux se sont éloignés, eux ont encaissé quelque déception (je sais, je sais exactement... et chez moi je me tais, situation très difficile à vivre). A ménager la chèvre et le chou, voici où j'en suis arrivé...

Voilà. Il est près de minuit, je vais ajouter quelques images du jour, donner une information et recycler cette note.

Merci Pivoine ; merci Hubert41
Écrit par : levenere | 28.09.2011

Écrit par :  levenere | 28.09.2011
 
Mes "habitués" s'attendent probablement de ma part à un commentaire, à des commentaires, sur LE débat, le deuxième. J'en ai entendu la première heure en voiture, puis les conclusions plus tard en garant icelle.

Plus tard ! Plus tard...
Écrit par : levenere | 29.09.2011
Apprentie gabière moi aussi à bord du Belem depuis quelques années, je viens d'apprendre par un ami stagiaire la triste nouvelle...
J'avoue que c'est pour moi un choc d'autant que j'étais à bord, en route pour la Corse, avec lui il y a encore quelques semaines... Loin de penser qu'il était gravement malade, je n'aurais jamais imaginé, en lui disant aurevoir avant de débarquer à Ajaccio, ne jamais le revoir à bord...
Depuis 2001, nous nous étions souvent croisés à bord du trois-mâts et ses retrouvailles "non-programmées" étaient toujours une très bonne surprise...
Une chose est sure : son humour, sa bonne humeur omniprésente et son extême gentillesse va nous manquer affreusement ...
Courage à sa famille et ses amis... Et bon vent à lui...
Cathy, alias Mori7 sur le Belem

Écrit par : Cathy | 29.09.2011
Bonjour Cathy alias Mori7 (mori7 avec l'accent de là-bas ?),
Je vais transmettre à Brigitte, bien sûr. Je suis à la fois touché et... étonné. D'abord que ce blog vous ait alertée, un blog dont la fréquentation est pas mal "politicarde"... Ensuite parce que vous avez reconnu mon ami... que j'ai essayé de "protéger" au maximum en ne donnant pas de noms (à part une fois son prénom) ni de lieux précis.

Si vous étiez à Concarneau, à l'embarquement de 2001, alors peut-être nous sommes-nous croisés...

En tout cas, touché. Merci.
Écrit par : levenere | 29.09.2011
Bruno,

Très touchée par ta note où tu sertis la splendide mémoire d'un ami d'exception.

Merci d'oser partager.
Écrit par : plumeplume | 29.09.2011
Chère Plume d'un pays sans gouvernement mais d'une Nation dont, encore cet après-midi, une émission de France-Inter rappelait le solide attachement patriotique... Mais je m'égare. Chère Plumeplume, s'il t'en souvient, ce blog a commencé à évoluer et devenir un peu plus "personnel" (espace privatif d'abord entr'ouvert dirons-nous... puis ouvert il y a quatre ans, justement avec le départ de mon père) à partir du moment où j'ai eu besoin de dire, d'exprimer (voire... en pleurant), alors que la non-communication dans ma vie de couple faisait que Nonobs, "ma table de bistrot" était aussi le lieu où, de temps à autre, des choses plus personnelles s'échangeaient.

Je nourris un sentiment de culpabilité vis-à-vis de mon "gabier" et de son épouse, amis que j'ai connus... il y a vingt-quatre ans par mon épouse dont ils étaient jadis proches, parce que je promettais sans cesse une nouvelle visite, un court séjour... alors même que, devant ici composer avec ma moitié qui ne les fréquentait plus... j'ai probablement montré quelque faiblesse. Nous avons un couple d'amis, amis de mon épouse d'abord, maintenant partis en Pays Basque, avec qui le scénario a été sinon le même (non, car là, les deux dames se sont séparées presque violemment) du moins a eu un peu les mêmes conséquences : je suis allé les voir une fois, alors qu'ils étaient encore bordelais... mais ici le malaise a été tel que je n'ai pas recommencé.

Alors, bien sûr, nos "amitiés" ne sont ici que virtuelles, et nos "bisous" ne sont que numériques, mais au moins ai-je l'occasion d'être de temps à autre moi-même...
Écrit par : levenere | 29.09.2011
La mort n'est rien,
je suis seulement passé, dans la pièce à côté.

Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.

Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné,
parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent,
ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

Priez, souriez,
pensez à moi,
priez pour moi.

Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l'a toujours été,
sans emphase d'aucune sorte,
sans une trace d'ombre.

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.

Canon Henry Scott-Holland (1847-1918), traduction d'un extrait de "The King of Terrors", sermon sur la mort 1910
Quelquefois attribué à Charles Péguy, d'après un texte de Saint Augustin.
Écrit par : pivoine | 29.09.2011
C'est, chère pivoine, le texte que nous avions retenu mon père et moi en octobre 1994 (bientôt dix-sept ans) pour le décès de ma mère.

Merci.
Écrit par : levenere | 29.09.2011





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