mardi 16 octobre 2012

L'eau à Moustiers-Sainte-Marie.


parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marie
Repartant de Castellane hier dimanche matin (brrrrrr ! 2°C et une magnifique rosée à 7H du matin[*]) sous un beau soleil et un ciel autrement plus bleu que ces derniers jours, c'est la rive gauche du Verdon, avec entre autres la route de corniche sur le canyon, que je vais rejoindre.parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marie
 
 
 
 
 
 

parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marieMa dernière étape avant la mauvaise surprise de la montée d'un puissant système orageux de la Méditerranée vers "plus au nord" aura été Moustiers-Sainte-Marie. J'ai failli ne pas y passer car j'avais projeté, depuis vendredi après-midi de me contenter du Verdon, son eau, ses gorges, son environnement montagnard et ses hauteurs provençales, sa végétation... si flamboyante à cette saison[*]. Et puis... tout ce que j'en avais entendu dire ou ce que j'en avais lu... tout cela pêle-mêle, sachant que je n'y retournerai peut-être jamais (va savoir...), a fait que j'ai passé un long moment dans ce village, d'autant plus agréable qu'aucune voiture n'y circule.parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marie
 
 
 
 
 
 
 


parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marieTrès pentu, coupé par une saignée rapidement très profonde (voir photos), ce serait d'ailleurs impensable. Seuls, je pense et à des heures bien définies, les utilitaires doivent accéder pour les commerçants, les artisans, et ce qui concerne l'entretien...
 
J'aurais aimé montré tout ce que j'ai sur Moustiers, mais comme pour le reste de tout ce que j'ai vu et mitraillé depuis vendredi, je ne dispose pas avec mon netbook (cadeau d'anniversaire de mon fils en janvier dernier) du logiciel avec lequel je redimensionne mes images par compression. 
 
 
Les deux dernières photos montrent le torrent en amont et en aval du pont qui l'enjambe dans la partie basse de la ville.
De ce pont, vue sur les pentes au sud-ouest et vers le Lac de Ste-Croix :parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marie
 
 
 
 


parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marieEt vers la route depuis laquelle je prends la photo (ci-contre à gauche)
 du village sous ses deux hauts promontoires rocheux. Au centre, le pont mentionné plus haut.
 
 
 
 
Au fait, je ne vous ai pas tout montré car l'eau alimente aussi les lavoirs :
 
parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marie
parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marie
 Hélas, je voulais voir le Verdon en aval du Lac de Sainte-Croix et le village de Quinson. A quelque 20 km de Moustiers (soit 10-12 km à vol d'oiseau), en rive droite du Lac, les nues s'ouvrent et... la pluie va stopper mon beau petit voyage... mes vacances.
parc naturel régional du verdon,moustiers-sainte-marie
En fait, le système orageux qui balaie la Provence depuis les côtes des Alpes-Maritimes et du Var gagne les bouches du Rhône et remonte "vers le nord" : les trombes d'eau provoquent dans toutes les ruelles pentues des villages traversés des petits torrents et les chaussées qui les recueillent forment par endroits non plus de grosses flaques mais de grandes mares... parfois déjà profondes.
 
Arrivé sur l'autoroute non loin de Manosque, en redescendant vers Aix-en-Provence la pluie, les éclairs et le tonnerre semblent témoigner d'un déchaînement des éléments d'une grande brutalité. La signalétique lumineuse de l'autoroute indique "Orages violents. Soyez vigilents"
 
Entre Aix et Salon-de-Provence tout se calme, la pluie est  normale, il n'y a plus d'éclairs. J'apprends par l'autoradio les dégats occasionnés par une mini-tornade sur un quartier de Marseille. Plus de pluie entre Salon et Arles...
 
Et, dimanche matin, ce sera le grand bleu, un beau soleil, mais du vent. Repas de poisson face à la mer  à Narbonne-Plage.
 
[*] Pour ma logeuse (chambre d'hôte chez un couple sympa au possible), ça y est, on peut considérer que là-bas, dans les pré-Alpes, on bascule vers l'hiver.

lundi 15 octobre 2012

Au lever du jour, au-dessus d'une vallée engloutie

En 1973, cette belle et large vallée agricole et pastorale des Salles et de Ste Croix, qui coupait les Gorges du Verdon et se trouvait au débouché de la partie la plus "canyon" des gorges (cf ma photo "eau profonde" sur une récente note), a été submergée lors de la mise en eau du barrage.
 
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Le village agricole et rural des Salles a disparu. Le village nouveau, lieu de tourisme nautique et de randonnée, compte 220 âmes, il n'y a plus un seul agriculteur, il n'y a plus d'artisans liés à l'agriculture.. Il y a 330 adhérents au Club nautique (qui est une réussite en matière d'accessibilité aux différents handicaps, avec des équipements et matériels remarquables).
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Le Lac de Sainte-Croix est maintenant dans le paysage, intégré aux cartes et documents photographiques, fixé dans les cortex par les rétines des millions de touristes qui ont fréquenté cet endroit.
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 Voici, prises au matin de jeudi dernier, 11 octobre, avant de partir pour un atelier de travail du Congrès des Parcs naturels régionaux, quelques photos de l'émergence du paysage dans une atmosphère encore laiteuse, avec tout au fond et au loin la couleur un peu plus chaude des premiers rayons de soleil.
P1260354.JPG
 
 
 

dimanche 14 octobre 2012

Eau entr'aperçue, eau vive, eau profonde...

En fait, j'ai en magasin l'eau vaste (vallée agricole noyée il y a vingt-neuf ans (Lac de Sainte-Croix - Verdon) ; l'eau profonde, l'eau tout en bas, l'eau entr'aperçue, l'eau vive, l'eau du crépuscule.
 
P1260430.JPGCela après quelques heures de flânerie sur une partie des Gorges du Verdon.
 
Mais voilà : ces photos taillent toutes 1,2 à 1,4 Mo, ce qui faisait une note illustrée avec quelque 14 Mo d'images. Pas jouable.
 
Vous êtes en droit de me faire remarquer : "d'habitude, Caque, vous redimensionnez vos images"
 
Exact, sur mon ordinateur de bureau, avec un logiciel lié à mon APN. Logiciel dont je ne dispose pas, là, dans cette chambre d'hôte (coquette au demeurant). Donc... tronçonner.
 
L'eau du Verdon entr'aperçue sur cette première photo

Passons à l'eau vive en trois photos :
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P1260444.JPG
P1260443.JPG
 
P1260413.JPGEt puis... l'eau profonde.
 
 
 
 

lundi 8 octobre 2012

Crépuscule en Bas Armagnac.

C'était vendredi soir. Coteaux couverts de maïs et de boqueteaux, paturages et fermes odorantes (tant pis pour les nez citadins !... voir une récente note ici-même...), ailleurs les vignes pour le précieux alcool "paysan". Nous sommes presque dans le gers mais encore dans les Landes.
 
Crépuscule sur une Chapelle Sainte Madelaine :
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P1260151.JPG
 
 Lundi matin.
 
Je dois à la vérité (ou à mes quelques visiteurs) d'expliquer la provenance de ces images de crépuscule sur une petite église landaise située sur le territoire de la commune de Hontanx.
 
bas armagnac,chapelle,crépusculeEn effet, ce monument religieux a été le cadre dans la fin de l'après-midi de ce vendredi 5 octobre d'une conférence... d'Yves Coppens, accompagné de Jacques Malaterre qui, après l'exposé du renommé paléoanthropologue, nous a présenté un film sur le tournage de la trilogie "AUX ORIGINES DE L'HUMANITÉ" (l'Odyssée de l'Espèce, Homo Sapiens, Le Sacre de l'Homme) dont il a été le réalisateur.bas armagnac,chapelle,crépuscule
 
 
 
Organisée par Le Club Histoire (Le Grand Livre du Mois), cette rencontre s'est prolongée sous des voûtes de pierre et briquette et d'une charpente magnifique d'une ancienne chapelle de chateau par un dîner régional...
 
Sachant ce que, dans ce sud-ouest, régional veut dire à l'heure de passer à table...
 
bas armagnac,chapelle,crépuscule
bas armagnac,chapelle,crépuscule
 
bas armagnac,chapelle,crépuscule
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Hontanx, alors que ces messieurs-dames se régalent :
bas armagnac,chapelle,crépuscule

jeudi 4 octobre 2012

Quand les grands pins s'inclinent...

J'ai récemment mis en ligne une note sur la forêt mutilée et la réunion du syndicat des Sylviculteurs du Sud-Ouest [http://sortiedequiescence.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/09/27/foret-devastee-foret-en-devenir-foret-toujours-en-danger.html].
 
Parallèlement, des échanges sur un autre blog ont amené le teneur de ce dernier à me rappeler les posts et photos publiés sur mon ancien blog durant les deux années 2009 et 2010, du 24 janvier, jour de la terrible dévastation de la forêt des Landes de Gascogne par la tempête Klaus. A la suite de quoi, j'ai voulu remettre la main sur mes photos... en vain !
 
A force de tripatouiller dans mes clés USB, je viens d'en retrouver la majeure partie, et en tous cas celles publiées ici-même puisque l'un des sous-dossiers s'appelle "blog". Et il y en a un paquet ! Cela commence chez moi, avec mes deux cyprès de Lawson tombés sur les clôtures et haies mitoyennes, pieds "explosés", puis nous élargissons aux voisins, au bourg, aux abords du bourg... à la forêt, aus jeunes plantations comme aux grands pins, cassés, déracinés... Puis aux lignes électriques, aux chaussées, aux déblaiements... Et puis encore la forêt, ici et plus bas dans les Landes. Des ciels magnifiques comme des nues menaçantes, des couchers de soleil ou des soleils levants,  avec toujours ces silhouettes mutilées, ces squelettes de forêts...
 
Je vais de temps à autre en remettre en ligne. Celle-ci est pour moi emblématique. Je ne sais plus à quelle heure je l'ai prise, le fichier m'indique que je l'ai modifiée (reformatée) le 26 janvier 2009, le surlendemain de la tempête :
pins maritimes, forêt, tempête klaus

jeudi 30 août 2012

Sabine. Il y a soixante-trois ans…

Hier, le calendrier grégorien mouture XXIème siècle nous indiquait que c’était la Sainte Sabine.
 
Pour beaucoup, Sabine évoque "l’enlèvement des… ". Pour moi, c’est plutôt un souvenir d’enfance, quelque chose de plus intime mais en même temps de très commun. Les toutes premières amours d’un garçonnet, à peine les premiers émois, mais déjà les premières petites souffrances de la jalousie…
 
Oui, évoquant avec un cousin il y a une dizaine d’années la fille du colonel commandant le Régiment de Chasseurs d’Afrique stationné dans la fin des années 40 à Langenargen et Ravensburg (Bade Wurtemberg, rive nord du Bodensee, Lac de Constance), fréquentant comme moi l’école primaire française de Ravensburg (instituteur militaire), mon cousin me rappela que Sabine était sa petite amie… Gonflé ! Il avait quinze ans, j’en avais neuf et donc Sabine, élève comme moi de CM2 et préparant l’entrée en sixième, n’avait guère plus, peut-être un an ou un an et demi…
 
Mais Jean-Claude était le chef ! Du moins dans la fratrie à laquelle j’étais intégré par la volonté d’un Conseil de Famille. Ses deux aînés préparaient Saint-Cyr-Coëtquidan ; lors des grandes vacances… ils étaient les chefs. L’aîné, Henri, par principe, futur officier de l’arme blindée, instructeur de cavalerie ; le second Guy, plus discret, futur officier supérieur. Et moi, un gamin, peu déluré, fluet, tremblant devant l’autorité de ma tante, cavalière (montant en amazone) et quittant rarement sa cravache… en tout cas dès que j’étais dans les parages domestiques. Henri et Guy sont tous deux décédés depuis longtemps.
 
Bref, moi j’aimais Sabine ; enfin disons qu’elle m’attirait, que j’étais fier d’être parfois auprès d’elle, que je la "badais"... Je me gelais les pieds sur la neige durcie du trottoir devant chez elle pour l’attendre et aller faire de la luge avec elle et le fils du capitaine S…, un peu plus jeune que nous. Je la contemplais en cachette, tantôt avec ses deux nattes, tantôt avec ses longs cheveux plutôt blonds masquant ses épaules et descendant vers sa taille.
 
J'étais aux anges quand l'instituteur me félicitait devant la classe (devant "E"lle). Et j'ai été fort meurtri le jour où je suis arrivé à l'école avec les traces de la cravache derrière les cuisses et un écriteau dans le dos "Caque a menti à sa tante"...
 
Ma dispense d’âge et ma réussite à l’examen d’entrée en sixième : je les lui ai offerts. En tout cas je me l’imagine !...
 
 
Effectivement, je me souviens vaguement des interférences de Jean-Claude et que ce salopard aimait à me punir… Oui, il restait derrière lui Jacques et Anne-Marie (le premier avait douze ans ; ma cousine en avait neuf). Michel avait dix-huit mois et faisait l’objet des soins de l’aînée des filles, dite Caroline (épouse, depuis, d’un futur général, brigadier ou divisionnaire), dix-sept ou dix-huit ans, seconde dans l’autorité ménagère, et d’Anne-Marie bien évidemment. Jean-Claude nous faisait faire du maniement d’armes avec des manches à balai. A moins de dix ans, je savais marcher au pas, faire demi-tour droite, porter et présenter armes, mettre l’arme à l’épaule… Et Jean-Claude exerçait ce magistère à merveille, caporalisant au maximum en ce qui me concernait.
 
Sabine… à cause de sa jalousie ; Sabine finalement cause de ces quelques vexations qu’il m’infligea. J’avais un peu effacé cette partie de mon histoire d’écolier à Ravensburg, Sabine y était : elle et moi. Pas d’autre ! Et puis mon cousin a remis les souvenirs en place… effectivement il. Sacré vieux ! (il approche de ses quatre-vingts ans maintenant).
 
C’était il y a soixante-trois ans. Sabine.
 
C’était il y a soixante-trois ans, la Forêt-Noire, le Lac de Constance. Sur ce dernier (revu depuis en touriste, en 1965 ou 66, Lindau, feu d’artifice, bateau, avant d’aborder Lichtenstein et Vorarlberg) je fis la plus belle croisière de mon enfance, sur bateau à roues à aubes. Pour aller de Langenargen à Constance (et retour) passer justement, et avec succès, l’examen d’entrée en sixième pour dispense d’âge. Ma première journée, dans ma vie, sans parents, sans oncle et tante, sans adulte pour me tenir en laisse. La première fois que j’eus à me débrouiller seul…
 
Quelques mois plus tard, je retrouvais la pension religieuse, en France, non plus les Jésuites mais les Frères des Écoles chrétiennes (St J-B. de La Salle). Et pour cinq ans une ambiance totalement masculine. Plus de « vie de famille » nombreuse, plus de cravache non plus, d’autres angoisses ;  plus de Sabine, ni de nattes, ni de jupes, ni de pinçons au cœur… En tout cas plus avant longtemps.
 
 
Ce sera... sous le mont-Blanc, quatre ans plus tard.




Addendum de fin de journée : mon cousin pouvait se croire permis de... J'avoue que, dans ma mémoire, objectivement, Sabine avait plutôt douze ans que dix. Depuis que j'ai écrit ce texte, en vaquant (affaire de vaquatitude, comme dirait un blogueur) à des tâches d'entretien extérieur, je me suis remémoré ces faits, et je LA revois bien. Déjà presque "jeune fille". Et moi, petit couillon, premier de classe mais pesant zéro.

L'affaire de l'écriteau et des coups de cravache est toute bête au départ. Nous avions un "cahier du jour" et un "cahier du soir". Ce dernier était visé et paraphé chaque soir par ma tante après que j'eus fait mes devoirs. Ma tante ne s'est jamais inquiétée "mais y a-t-il un cahier du jour ?". Ce dernier était parfait, ou presque. Sauf un jour, un seul, où pour je ne sais plus quelle raison "le maître" y a mis une annotation en rouge et m'a demandé de le rapporter le soir chez ma tante et de le lui faire viser. Ma tante a ainsi découvert que j'avais un cahier... dont je ne lui avais jamais parlé : horrible dissimulation.

Sanctionnée. Peut-être d'ailleurs n'était-ce pas la cravache ce soir-là mais ma ceinture : quand il le fallait, j'enlevais cette ceinture, la confiais à ma tante, me courbait offrant postérieur et cuisses à la punition.

 
 

dimanche 26 août 2012

On a marché sur la lune.


Beaucoup de monde, les journalistes en premier, parle déjà ou va parler de la mort de Neil Armstrong, ou plutôt, à l’occasion de ce décès, de la vie de cet Américain qui, pilote et astronaute, fut le premier à poser le pied, les pieds, sur la lune il y a déjà quarante-trois ans et un mois.

 

Je n’ajouterai pas à cette déferlante de commentaires et d’évocations, sinon pour remonter à cette nuit (car ici c’était déjà la nuit) qui nous vit, toute une famille dans une arrière-cuisine normande, le nez levé vers « le poste de télé » et… trouvant que tout ça… c’était bien long ! A vous Ioustone, à vous Cap Kennedy.

 

 

J’ai vu les capsules retour de mission ou leurs doubles (puisque chaque mission Gemini puis Apollo était systématiquement préparée en double) au musée de l’Air et de l’Espace de Washington en 1985. J’ai vu les lanceurs, en particulier Saturn V à Cap Canaveral (Cap Kennedy) où j’ai visité le pas de tir alors que Challenger ou Columbia ou Endeavour (vérifier) avait été lancé quelques jours auparavant et allait s’arrimer au Spacelab, j’ai vu la salle de commandement du lancement des missions Apollo (désaffectée), j’ai visité une partie des locaux d’instruction et entrainement des astronautes…

 

Mais c’est aux capsules que je voudrais revenir. Au « nez » (bouclier) cramé, à l’espace vraiment restreint. La capsule Mercury, celle du major John Glenn ou celle de Virgil Grissom ou d’Alan Shepard : un truc impossible, un siège baquet, les sangles, les instruments de contrôle, un hublot, bref ma table de bureau, le PC, les deux imprimantes, trois classeurs… c’est plus vaste que l’habitacle de Mercury (1,7 m3).

 

Les capsules Geminy étaient un peu plus vastes… puisque conçues pour deux astronautes. Donc encore très étroites d’habitacle. Apollo, c’était déjà autre chose, quoique…

 

Dans mes souvenirs, si l’alunissage, la marche, les photos, le  décollage, le retour vers l’orbiter et le retour vers la terre nous ont subjugués et nous ont semblé fantastiques autant qu’angoissants, personnellement c’est auparavant la mission Apollo 8 (décembre 1968) qui m’a le plus subjugué et inquiété.

 

Pour la première fois, des hommes dans l’espace allaient quitter l’orbite terrestre… pour une orbite circumlunaire… et être coupés de la terre (vue et communications) durant le passage derrière la « face cachée » de la lune. Exploit « newtonien » d’abord, confiance phénoménale des astronautes, silence angoissant dans les salles de contrôle, et… cet hénaurme soulagement lorsque la voix venue de l’espace signala que tout allait bien ; la première des dix révolutions lunaires s’était achevée.

 

 

La mort de Neil Armstrong est l’occasion de rappeler à quel point l’ensemble de ces astronautes et des techniciens au sol (sans oublier concepteurs et fabricants des lanceurs, modules et capsules) ont formé un tout par essence solidaire. Au risque d’être frustrant pour chacun d’entre eux qui était rivé au sol, qui ne fut pas du premier vol, qui ne fut pas du premier survol de la lune, qui ne fit pas le premier pas sur la lune… La mission commandée par Armstrong était ingrate et pourtant essentielle pour Michael Collins aux commandes de l’orbiter ; elle fut frustrante pour Buzz Aldrin, le deuxième homme –seulement- à fouler le sol lunaire.

 

À ce titre, Armstrong a toujours été d’une modestie remarquable.
 
 
Photos empruntées à Wikipedia :
 
Mercury, entrainement entrée dans la capsule
 
 
Pas de tir à Cap Kennedy