jeudi 1 septembre 2011

Caen, ville martyre, et ville libérée

Cette note est un copié-collé en provenance d'un autre blog que je tiens :


13.05.2009

Caen, ville martyre

Voilà, j'ai retrouvé le premier des deux posts que j'avais commis sur la ville de Caen, citée à l'ordre de la Nation, ville en grande partie détruite à la suite de la Bataille de Normandie, et d'abord par les bombardements effectués par l'artillerie embarquée sur la flotte, l'armada, alliée de débarquement.
Olivier et Morgane m'ont avant hier posé la question, suite à mon post sur les vieilles pierres de Caen.
P1080211.JPGEnsuite, je ferai revenir les photos prises il y a quelques jours (église St Jean) :

22.11.2007

Souvenirs ? Souvenir et hommage...

Séquence émotion. Personnelle, mais cela peut aussi se partager.
Dans une semaine, il y aura deux mois qu'il m'a quitté. J'allais écrire "abandonné"…
Ni lui ni ma mère n'étaient Normands. Mais, installés depuis 1955 à Caen, émigrés sur la côte à 15 km de là en de 1975, ils se sont vraiment attachés à cette Basse-Normandie, de Honfleur au Nez de Jobourg, de Caen à Domfront et Alençon… Nous avons ainsi connu Caen en pleine reconstruction, avec déjà des quartiers entièrement redessinés et reconstruits. Mais aussi avec encore bien des ruines et des terrains vagues…

Je sais, aujourd'hui, que moi aussi, n'y ayant pourtant que peu vécu, je suis attaché à cette région. A cause d'eux bien sûr. En raison, encore plus sûrement, de ces multiples allers-retours que j'y ai effectués ces dernières années, avec ces tentatives d'y promener un vieillard de plus en plus contraint par sa faible mobilité, sa fatigabilité, puis sa dépendance, sa surdité et sa hâte d'en finir… Il a tant aimé nos dernières promenades, même courtes. Le Cotentin il y a quatre ans, quand nous pouvions encore envisager une journée de pérégrinations ; la dégustation d'huîtres à Courseulles il y a deux ans, sa dernière ; cette mer qu'il a encore pu contempler une dernière fois deux mois avant sa mort, en s'excusant de m'avoir fait marcher aussi longtemps en poussant son fauteuil roulant, sachant à quel point j'ai les genoux en mauvais état…

Je sais cet attachement et suis conscient de la part de nostalgie qui l'explique. Mais, aujourd'hui, en entrant dans mon foutoir (officiellement chez moi : mon bureau !), j'ai réalisé que je garde depuis des années à ma vue des photos et cartes postales qui ont, consciemment ou non, une signification pour moi. En voici une.
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Caen avait déjà changé lorsque nous nous y installâmes. Mais, le champ de ruines restait prégnant, croyez-moi. Voici notre quartier, mon église paroissiale : Saint-Jean, en 1945. Magnifique édifice à la tour légèrement inclinée (soutenue par des pilotis et vérins enfoncés dans le soubassement marécageux).

La ville de Caen a été citée à l'ordre de la Nation par Décret du 2 juin 1948, signé par le président de la République (Vincent Auriol), avec attribution de la Croix de Guerre avec Palme. Bien qu'ils furent victimes durant deux mois des bombardements alliés, bien des Caennais, résistants, surent aider les troupes alliées dans les semaines et les mois qui suivirent le débarquement du 6 juin 1944 ; beaucoup d'entre eux le payèrent de leur vie.

Une amie de mon père m'écrit : " Bien sûr Henri me fit découvrir toute la Côte, et en particulier les plages du débarquement. Il avait une immense culture et nous aurions pu l'écouter pendant des heures… Ce qui fut souvent le cas…" Dans le même courrier : " Vos parents ont été pour moi (et pour ma Mère) des amis incomparables. Ils m'ont beaucoup donné, beaucoup enrichie. Chaque rencontre était un moment de bonheur. J'avais le sentiment de vivre "sur un plan supérieur"..."

Je vais retomber dans mon quotidien local. Mais cette évocation est tellement plus passionnante que les petites frustrations d'ego, les guéguerres pour savoir si la mairie doit revenir à Pierre, Paul ou Jacques qui l'attendent depuis tant d'années, ou si elle doit revenir aux citoyens sur la base d'un projet très collectif qui serait porté par un (ou une) "étranger(e)" (il ne s'agit pas de parachutage) ; si elle doit revenir aux Socialistes ou à la "Société civile" et "en tout cas pas à un Communiste"… Mon père, ancien journaliste politique (avant guerre, ensuite les autorités de Vichy et la PropagandStaffel lui retirèrent sa carte) s'était éloigné de ces jeux. Et me regardait parfois avec curiosité : "comment peux-tu te mouvoir dans ces marigots ?"




Et voici les tours de cette église St Jean, vers 21 H, vendredi 1er mai 2009 :P1080213.JPG
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jeudi 25 août 2011

La route, les pollutions et l’espace agricole.

J’avais, il y a deux ans et demi publié une note sur la France des bords de route... ou les bords routiers des champs en France... dont je mets la copie plus bas.

Il s’agissait pour moi non seulement de montrer, reportage sous forme de pps à l’appui, à quel point nos mœurs de consommateurs de kilomètres, de bitume… et de produits jetables polluent la proche nature, en tout cas l’espace rural et agricole, mais –surtout- que ce sont les agriculteurs, réputés « pollueurs » pour l’opinion publique et de nombreux sites internet, blogs et autres organisations « parisianistes » d’écologie… qui sont souvent les premières victimes de cette vilaine pollution ; les forestiers aussi (j’ai, l’an passé, mis en ligne des photos prises non loin de chez moi, de bords de routes en forêt).

Le site « actu-environnement.com » mettait en ligne, hier mercredi, un très intéressant article [Pollution atmosphérique : l’agriculture exposée - lien : http:/www.actu-environnement.com/ae/news/pollution-atmospherique-agriculture-ile-de-france-autoroute-13293.php4] montrant, suite à une étude conjointe de l’INRA et d’Airparif (Pollution de proximité, transport et agriculture), à quel point l’atmosphère d’une autoroute est pollueuse vis-à-vis des sols et de la végétation, entre autre de l’herbe de pâture ou de fauche, le ray-grass.

« Résultat : les mesures ont permis d'observer une augmentation des concentrations de polluants et des dépôts métalliques liés au trafic, à mesure que l'on se rapproche de l'autoroute A6. Et si la pollution atmosphérique expose les personnes à des problèmes respiratoires, le risque de dépôts sur des produits alimentaires est indéniablement tout aussi important. »

L’article indique qu’en Île-de-France, ce sont 50 % des exploitations agricoles qui sont concernées par ces pollutions. Si l’on prend la bande de 250 mètres encadrant les grands axes routiers sur lesquels circulent plus de 4 500 véhicules par jour, ce sont 54 500 ha, soit 10 % de la surface agricole utile (la SAU) francilienne qui sont ainsi pollués ou sous menace de pollution. Le dioxyde d’azote se mesure encore à 120 mètres de l’A6, les dépôts ferreux à 30 mètres, le plomb et le cuivre à quelques mètres ; et par endroits le cadmium est détecté…

Les sociologues de l’INRA se sont intéressés aux réactions des agriculteurs et à l’influence que ces risques ont sur les choix d’implantations des cultures (sachant qu’une réglementation existe toutefois pour les plantes aromatiques et les céréales destinées à l’alimentation infantile). Visiblement, le monde associatif consumériste et/ou écologiste n’a pas encore pris en charge ce type de nuisance, ce que l’INRA résume ainsi : « … les associations environnementales se révèlent "prioritairement préoccupées par l'insécurité, le bruit, les vibrations ou la saturation des réseaux, problèmes sur lesquels elles peuvent agir directement". Or, l'Inra reconnaît que le traitement de la problématique de la pollution de proximité suppose une prise en compte à un niveau plus global du territoire régional, par des mesures de réduction de la pollution à la source et de rationalisation des infrastructures de transports.

Évidemment, les études vont se poursuivre car c’est le risque alimentaire qu’il faut maintenant prendre en compte…

mercredi 24 août 2011

On s'en taon-paone !...

                                    (Discours académique tenant lieu de prière d'un matin)




O taon, suspends ton vol !
Dit le paon grenu,
Et vous, boîte à malices, suspendez votre cours !

                   Le taon passe, le temps s'écoule...
                   Ah! Sweety que n'es-tu rose
                   Esseulée, effeuillée, essoufflée, effacée
                   Et cueillie ?...

                                    Le paon dort, la roue tourne...
                                    Et la poupée aux longs cheveux bruns
                                    Fabrique des petits hommes et des petites filles
                                    Qu'elle exposera au théatre d'ombres:
                                    Il y aura Marie-aux-nattes et ses marionnettes,
                                    Et puis Jane-la-chatte, et la pipe culottée,
                                    Un Burns déculotté de belle manière
                                    Et au mât une culotte "liberté-égalité-fraternité".

O paon, suspends ton vol !
Dit le taon qui passe,
Et vous, malices en boîte,
Vos griffes dans ma lice agitez.

                   Honni soit qui malice pense dit la roue
                   Qui fait le paon dans le mille et une nuits;
                   Au nid soit l'oisillon répond le paon grenu qui ronronne;
                   Ah ? Chiche ! dit le taon qui butine le cannabis:
                   Je me prépare à piquer notre héroïne.

                            Et la féline victime danse déjà,
                            Cheveux emplissant l'espace et balayant les airs

                                       La rose, l'épineuse contemplative, la boit des yeux
                                       Tandis que l'androgyne poupée fait des marionnettes
                                       Qui font des enfants
                                       Qui marchent au pas cadencé
                                       Dans les fumées d'encens et de Burns.
                                       My Sweet Lady Jane, Michèle my belle
                                       Susurrent les vieux tubes dans leur nostalgie centripète.                                             

Imaginachoses murmure le taon qui a le temps
De feuilleter des histoires de rire et de pleurer

Où il est dit de ne craindre ni le paon-dira-taon
Ni le taon-dira-temps, et que les roses ne s'ennuient pas,
Et que les cheveux de Jane dansent,
Et que ses jambes sont élancées,
Et que ses lèvres frémissent.

                                Le paon grenu enfourche le cyclothymique Burns
                                Car sa roue est voilée
                                Comme le regard que Jane porte sur un corps,
                                Et Burns érecte sans rêver dans sa petite tête.
                                Et dans les froufrous d'ailes et de cheveux
                                Voici l'éjaculation des mots,
                                L'orgasme solitaire des images, des senteurs,
                                Et du verbe magique.

 
 
                         B.L. sept.-oct. 1978 – Itinéraires (sous le charme de Pangrenue et Imaginachoses)


















lundi 22 août 2011

Regards... et désirs croisés.

 Voici une note que j'ai publiée en février dernier sur un autre blog.

Une fois de plus, je « montais » à Paris. En train. Le TEE Aquitaine avait été supprimé, mais nous avions des trains « Corail » rapides et supportions les quatre heures de trajet.

Étant parti de très bonne heure de Bordeaux et ainsi fait économiser à l’employeur, l’État c’est-à-dire le contribuable, ce que l’on appelait les « missions » (un repas et un découcher), j’avais opté pour un aller en première classe de façon à prolonger un peu ma nuit dans un compartiment… rideaux tirés. 

Évidemment, les convois s’arrêtant à l’époque au moins à Angoulême, Poitiers, Châtellerault… d’autres voyageurs sont montés en cours de route, tout au plus quatre puisque vous avez pu vous asseoir en face de moi.
J’avais quoi, quarante-quatre, quarante-cinq ans tout au plus.

Je ne sais plus si c’est à Saint-Pierre-des-Corps ou à Fleury-les-Aubrays, plutôt Fleury, que vous êtes montée. 

Élégante sans affectation, ou plutôt « à l’aise », bien posée. Vous étiez brune. Belle plutôt que jolie.

Je n’ai pas pu m’empêcher de vous regarder, essayant de rester discret ce à quoi vous m’aidiez en affectant de regarder ailleurs et d’être intéressée par d’autres objets de curiosité.

Je réduisais déjà le monde ambulant de ce train à vous et à moi.

Peut-être le sentiez-vous. Reprenant ma lecture, ou peut-être un mot croisé, je m’absorbais ou faisais comme si, sans vraiment lâcher du regard vos genoux, vos jambes gainées ; sans être attentif au moindre tressaillement de votre silhouette.

J’étais mort du désir avorté de vous sourire, de vous adresser la parole. J’aurais aimé être à côté de vous ; simuler un relâchement, une somnolence, me donnant l’excuse de frôler votre épaule, tout près de votre parfum. Contempler le profil de ce visage en apparence indifférent à ce compartiment.

Indifférent ? Moins que vous vouliez le laisser croire. Je l’ai compris, hélas, plus tard.
Mais j’étais en face. Face à vos genoux, face à votre buste, face à votre visage. Bonheur fugace et quasiment immatériel. Vous le sentiez, vous me deviniez. Ne dites pas non…

Je me souviens avoir relevé la tablette sous la fenêtre et posé le livre, ou le magazine, oui plutôt un magazine me permettant, alibi des mots croisés, de poser les mains sur cette tablette, les deux mains. Vous contempliez le paysage au loin, là où les collines, les rideaux d’arbres, les églises, les manoirs, défilent moins vite. Mais, j’ai surpris votre regard, plusieurs fois, sous vos cils, derrière vos paupières presque closes, planté sur moi.
L’ai-je imaginé ; ai-je fantasmé ces instants fugitifs ?

Je me souviens… Vous avez sorti un agenda, ou un carnet, je ne sais plus, mais vous avez à votre tour établi une tête de pont sur ce petit territoire où mes mains vous cherchaient. Je me rappelle vos mains. Belles. A la peau légèrement brune… Vos mains, l’une au moins, et… quelques frôlements. J’avais la bouche sèche. 

Vous régniez sur mes sens. Le saviez-vous, le perceviez-vous ? Oh que oui.

Mais déjà les aiguillages, les banlieues, les ralentissements, le bruit, nous signifiaient la fin de cette croisière. Austerlitz approchait. Tétanisé, je vous ai vue vérifier votre maquillage dans un petit miroir, je tremblais à l’intérieur de moi-même, je m’en voulais de cette timidité, ou de cette réserve, les deux, qui faisaient que j’allais vous perdre sans même vous avoir touchée, vous avoir parlé, avoir entendu le son de votre voix.

Paris-Austerlitz. L’agitation de l’arrivée… Nos compagnons de voyage sont sortis, je vous laisse passer devant moi. Et, là, à peine arrivés dans le couloir, nous sommes si proches, vous effleurez ma tempe de vos lèvres. Je vais mourir.

Je vous regarde, je balbutie « Déjà ! Dommage… »

Et vous me répondez « Oui. Dommage ». J’ai la chair de poule, mes jambes se dérobent. «Quel con ! » me dis-je à moi-même. Tout va très vite… déjà vous êtes loin sur le quai. Mon Dieu, ces jambes !.
..
J’ai encore à l’oreille votre voix, légèrement rauque « Oui, dommage ! ».

Cela a été si court, si bref : c’est donc à Fleury-les-Aubrays que vous êtes entrée dans mon champ visuel, que vous avez capté et colonisé mon désir. Quarante-cinq ou cinquante minutes d’un conte, d’une nouvelle, d’un roman… d’une longue aventure que je me suis souvent racontée. A moi, jamais à d’autres… jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à ce post sur un blog.

Regards et désirs croisés.

Depuis, le TGV s’est substitué à ces trains « rapides », toutes les gares ne sont pas systématiquement desservies, la ligne ne passe plus par Fleury-les-Aubrays et le train ne stoppe pas dans l’univers métallique, grandes lignes, RER C, métro aérien de la gare d’Austerlitz mais dans le temple de béton de Montparnasse. On ne met plus que trois heures pour gagner la capitale… et cela semble long, c’est un comble !

Je crois que je n’aime pas le TGV. 

Et vous, quels voyages faites-vous ? Qu’êtes-vous devenue ? Avons-nous vécu le même chambardement de nos sens ? Vous en souvenez-vous, seulement ?

Regards… et désirs croisés. Dommage !

lundi 15 août 2011

Corne de l'Afrique : les ONG ont besoin de votre soutien

Cette crise humanitaire, cette tragédie de la malnutrition dans un contexte de dramatique sècheresse et, en partie, sur fond de conflits armés islamistes, ne soulève pas grand élan de générosité, en particulier au niveau des États.

Quant aux donateurs particuliers, outre leurs propres difficultés de fins de mois pour nombre d'entre eux, beaucoup se disent lassés par les demandes à répétition et restent dubitatifs quant à la répartition des sommes transférées suite au... "tsunami" du 26 décembre 2004 dans l'Océan Indien.


Ici, sur ce site, plusieurs blogs ont le mois dernier lancé des appels. Qui ont ainsi relayé les demandes de l'UNICEF, d'Action contre la faim, ou encore d'Handicap International (http://fr-fr.facebook.com/pages/Handicap-International-Fr...)

En ligne, 20 Minutes a publié un nouveau témoignage :
http://www.20minutes.fr/article/769464/famine-corne-afriq...
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Photo prise au camp de Dadaab (Kenya) ©Corentin Fohlen/Handicap International

samedi 23 juillet 2011

Nos fruits, les gazons, quelques conseils en passant. Et restauration de races animales locales.


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Si vous aviez des tomates qui avaient commencé à nettement mûrir avant cette séquence de pluies et de froid, surveillez-les au moindre réchauffement (c’est le cas là où je réside aujourd’hui où le soleil est relativement généreux ce samedi) et n’hésitez pas à les cueillir si vous observez qu’elles se fissurent.2-Vaches race Marine.JPG



La sécheresse précédente suivie d’un afflux d’eau fait que ces fruits ont commencé leur mûrissement puis ont brutalement été approvisionnés en sève, les faisant gonfler. L’éclatement est favorable à l’installation de bactériose mais aussi de moisissure, voire du champignon Botrytis.

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4- Race bazadaise.JPG


Les fruits de saison, pour les mêmes raisons, sont à surveiller, voire cueillir s’ils sont mûrs : diverses prunes, raisins de table, nectarines…


A noter que la bouillie bordelaise est un excellent « bactéricide » et peut prévenir certaines moisissures (mais pas botrytis, la « pourriture grise »). Mais à ne pas appliquer à moins de 15 jours d’une récolte et, surtout, à ne pas appliquer sur fruits déjà éclatés (une évidence).

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6-Chèvres des Pyrénées Béarn-Pbasque.JPG





Les gazons, ah… les gazons !... Mes « habitué(e)s » connaissent mes préventions à l’égard des beaux gazons archi arrosés et archi tondus… Bon : ils existent, et je reconnais qu’une jolie bande de gazon ou un « carré » de gazon sur un petit terrain, ou en valeur par rapport à une terrasse ou une entrée alors que le reste du terrain est entretenu de façon plus naturelle… est tout à fait légitime… à la condition de ne pas demander plus au sol que ce qu’il peut supporter et fournir.


7-Mules Landes-Béarn.JPGLes gazons arrosés risquent, surtout dans des terrains légers et pauvres comme nos sables « landais » (les spécialistes les appellent des « podzols »), de se satisfaire d’un enracinement superficiel. Pour cela, autant en début de saison, si la fin de l’hiver et le début de printemps ont été pluvieux, on peut les tondre assez court, autant je déconseille ces tontes mutilantes sur arrosage artificiel en période sèche, voire caniculaire. A la fois pour éviter un épuisement des graminées en reprise de tallage et pour maintenir une surface absorbante aux moindres rosées…


En revanche, des périodes pluvieuses comme celle que nous venons de subir (ici, mon pluviomètre m’a indiqué 47 mm de hauteur de pluie en près de deux semaines) permettent suffisamment d’infiltration et de saturation des couches supérieures du sol pour que l’enracinement des graminée s’étoffe.


Dans tous les cas, les plantes à rosettes, en général nourries par un pivot, profitent pleinement de la moindre trace d’eau et ont suffisamment de réserves pour subsister alors que les graminées jouent le paillasson lors de longues sécheresses…


Quant à l’herbe tondue, ne la jetez pas. Si vous-même ne compostez pas, cherchez la voisine ou le voisin que cela intéresse. Je constitue une partie de mon terreau grâce à un voisin… tondeur et arroseur compulsif !... Bien évidemment en mélange avec de feuilles sèches et feuilles mortes, avec les déchets ménagers végétaux, les marcs de café et de thé…



Et, pour illustrer… quelques images… qui n’ont rien à voir avec ce texte, mais avec mes horizons de contemplation et de culture technique.Cliquer sur les photos.


Légendes : 1- Bœufs béarnais (animaux de trait) ; 2- Vaches de race Marine (vaches du littoral) ; 3- Vaches « bordelaises » (sauvetage de la race) ; 4- Race bazadaize (Pays Landes de Gascogne) ; 5 et 6 Chèvres des Pyrénées (Béarn et ays basque) ; 7- Mules des Landes et du Béarn (attelage et trait).

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Note à Brad : des poireaux perpétuels vont, avec ton accord tacite, être mis en terre par un chargé de mission de conservation de patrimoines divers au Parc naturel des Landes de Gascogne (il est de Magesq... et je pense qu'il en mettra en terre également chez lui). Actuellement, il tente la récupération d'un millet à graines brunes (et non blanches), un "millet-panic" (à ce sujet, le 6 mai 2010, sur un autre blog, sous le titre "Les Rouletabille du millet", j'avais relaté une journée de recherche, de poursuite à la trace de vieux millet avec ce chargé de mission du Parc naturel régional des Landes de Gascogne. Je fais suivre ci-dessous ce texte. Il faut des journées d'investigations pour retrouver, généralement chez des personnes d'un certain âge, la trace de toutes ces plantes, millet, sorgho, vieux maïs, haricots et fèves, seigle... que ces personnes sèment, sélectionnent, resèment... depuis le milieu du XXème siècle, et préservent ainsi de l'oubli... alors même que, peut-être, ces cultures, rustiques, retrouveront une nouvelle jeunesse.

06.05.2010

Les rouletabille du millet ; additif réactualisant la note

Nous sommes partis hier, dans la brouillasse et par 6°C de température ambiante, à la recherche du millet* traditionnel landais, en l’occurrence une semence rousse que j’avais repérée l’été dernier au fin fond d’un quartier** du sud-est du territoire du Parc, presque hors de P1130857(1).JPGla "Haute Lande" et que nous avons cru réellement "locale" un chargé de mission du Parc naturel des Landes de Gascogne, historien et assistant d'un Conservateur du Patrimoine, et moi.


Une véritable aventure "policière" pour retrouver le corps du délit, ou le cadavre, ou l’assassin, ou, plutôt, le témoin manquant. Bref, il nous a fallu passer du quartier à un airial** contigu, un autre, encore un autre, revenir vers un autre airial lui-même contigu mais situé à l’opposé des premiers, expliquer, parlementer, découvrir des gens passionnants qui ont des tas de choses à raconter, retrouver à travers des paysages de retour à la lande ce qu’il y avait encore comme agriculture paysanne il y a quoi… une quarantaine d’années, un demi-siècle dirons-nous. Il subsiste des cultures, de millet justement, de moutarde, de tournesol, des mélanges destinés au gibier, sur une faible partie des surfaces jadis consacrées au seigle, au millet, mais aussi au blé, à de l’avoine pour les mules qui avaient succédé aux attelages bovins, et cultures vivrières des sols siliceux comme la pomme de terre…

La piste nous mena vers deux issues***. L’une en forme d’impasse, intéressante cependant. En plein Bas Armagnac****, chez un grainetier, un vrai (comme hélas la civilisation des centres commerciaux nous en privera bientôt). Il fournit aux associations de chasseurs des mélanges pour agrainer le gibier (à commencer par les sangliers) : tournesol, sarrasin et céréales diverses, dont le maïs ; ainsi que la semence qu’utilisent ces associations, en particulier de millet "des oiseaux".

L’autre, qui n’est espérons-le pas une issue mais une voie d’espoir pour notre ami du Parc naturel, est celle d’un "vieux", un Landais de 80 ans passés qui, depuis soixante ans, entretient dans un véritable jardin, au sol régulièrement fumé, du maïs traditionnel, le maïs blanc landais (grain blanc, rafle- ou rachis- blanche) , aux rendements fluctuants puisque non irrigué. L’agriculteur qui nous a ouvert cette piste nous a montré ce maïs mais n’a pas pris le risque de nous conduire à ce vieux Landais de façon à ne pas effaroucher ce dernier. Il sera l’intermédiaire de mon ami du Parc… avec l’espoir de trouver du millet, celui qui nourrissait les hommes.


P1130863(1).JPGMais, notre filature a eu d’autres retombées. D’abord de trouver des objets comme ce corbillard et ces poêles de fonte. Mais aussi d’observer, une fois de plus cet habitat ouvert et les bois de charpentes et deP1130864(1).JPG pans muraux… Et puis, de déguster quelques turions d’asperges, biens verts et bien juteux, associés à la roquette, goûteuse, et aux fleurs de ciboule, bio forcément bio… Cela devant un feu, un feu… vraiment bienvenu.


*Consulter Wikipedia et Ekopedia.

** L’habitat traditionnel de la lande était organisé en quartiers de plus ou moins grande importance, avec pour certains une église ou une chapelle paroissiale, situés si possible hors d’eau et à proximité des zones cultivables. Les « unités » territoriales de base, P1130870(1).JPGles airials ou airiaux, étant des espaces de pelouse (à ovins) plantés de chênes entre autres où résidaient des métayers, bergers, tacherons et des artisans. La densification des bourgs s’est faite progressivement, et surtout à partir de la seconde moitié du XIXème siècle avec laP1130881(1).JPG« forestation » massive en pins maritimes, et donc le gemmage (main d’œuvre) et les industries du bois. Cela dit, l’argile, abondante en sous-sol, et les grès ferrugineux (garluche) avaient permis le développement d’une industrie de la terre cuite et d’une industrie de forges, toutes deux consommatrices de charbon de bois, autre activité de ces territoires également boisés (chênes, nombreux feuillus y compris aulnaies à proximité de l’eau, et puis les pinhadas qui ont permis la toute première industrie de ces régions : les ateliers de poix et goudrons dès l’antiquité et même avant).


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*** Sans jeu de mots… sur les issues de céréales !

**** Le qualificatif « bas » pourrait laisser croire que les eaux-de-vie de ces terroirs landais et gersois sont de moindre qualité. Il n’en est rien, bien au contraire : les Armagnacs de cette région sont les plus cotés.





Dernière image (excuses aux visiteurs : tout est pris sous la pluie) : il s'agit de "la plaine", c'est à dire ces larges espaces paysans, autrefois en culture (seigle, millet, blé, avoine, pomme-de-terre...),  dont il a été question plus haut. Remarquez l'entourage de bois, bosquets ou bois de feuillus, lisières feuillues de pinhadas, mais aussi, en arrière plan un peu partout (très ravagées par la tempête Klaus le 24 janvier 2009) les forêts de "pins des Landes"...
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Jeudi 6 mai, 23H

Mon post pourrait laisser croire que le millet a disparu, qu'on a perdu sa trace dans le massif landais (lequel je vous le rappelle occupe une partie de la Gironde, un beau triangle en Lot-et-Garonne et l'essentiel des Landes). Ce n'est pas le cas, bien évidemment. Et mon compagnon d'hier, en expérimente dans diverses situations et modes de culture. Pour recadrer notre aventure de mercredi, je me dois d'indiquer que j'ai ramassé en juillet dernier un pied de millet très roux dans une parcelle isolée en bordure de forêt dans un quartier isolé, à proximité du sud-est du territoire du Parc naturel régional des Landes de Gascogne. Puis, pensant d'ailleurs que j'avais eu affaire à un sorgho particulier, nain, à petits grains, j'avais "oublié" cet échantillon dans ma voiture. Il avait pour moi une valeur symbolique, tout comme si j'avais trouvé un chanvre "local" (hey ! pas d'interprétation, hein ?), dans la mesure où je suis de ceux qui souhaitent voir expérimenter sur nos territoires des cultures peu ou pas exigeantes en eau et en intrants chimiques, et ayant un intérêt alimentaire (gibier, bétail, humains) ou technologique (fibres et isolants pour le chanvre)...

Et puis, à l'occasion d'une conférence de la Société de Borda, le 23 mars dernier, j'ai parlé de cette "trouvaille" à notre agent du Parc naturel régional qui étudie ces questions, me souvenant que la plante, sèche, était toujours dans ma voiture (huit mois après). Je lui ai montré... et il a immédiatement identifié un millet (panicum je pense), mais nouveau pour lui du fait de la couleur prononcée des graines. Voilà l'origine de notre équipée de cette semaine... Notre historien du patrimoine est un habitant du Marensin, au sud-oust des Landes ; il connaît ces problèmes, ce que je viens de vérifier (via Google).


Ci-dessous donc, un article de Sud-Ouest concernant, entre autres sujets, le millet dans les Landes. Notre ami est à gauche sur la photo :

La vie du village.
- Publié dans : La vie du village.
Article Gerard BENQUET JOURNAL SUD OUEST
Il était étonnant que dans notre département de grande réputation gastronomique, il n'y ait pas encore de convivium Slow Food. Peut-être, pensait-on qu'il n'en était nul besoin. Pourtant, à Magescq, comme ailleurs, dans cette région du Marensin, parsemée de producteurs, il est important de sauvegarder les produits, les traditions alimentaires, la biodiversité et le plaisir de manger.
C'est pourquoi, Sloow Food Landes a souhaité orienter son action vers une découverte du terroir avec un travail en profondeur sur le thème de la sauvegarde des races anciennes, destinées à fournir des produits typés de qualité. C'est en présence de Jean-Claude Saubion, maire de la commune, que le tout jeune groupe landais que préside Christian Godron s'est réuni, mardi matin, à Magescq, dans le cadre bucolique du conservatoire avicole de Puyobrau, créé et géré par Dominique Dubuc. Plusieurs personnes intéressées par Slow Food avaient fait le déplacement pour grossir les rangs landais.

ab7dfcc1c1.jpgPour Dominique Dubuc, « la volaille, c'est comme le vin, la qualité doit se payer... » Mais hélas, ajoute-t-il, « la mal-bouffe a pris le dessus ». L'objectif est aussi d'éduquer les adultes et leurs enfants à être davantage sensibles au vrai goût des aliments pour qu'ensuite ils choisissent de manger une nourriture « bonne, propre et juste ». Pour lui, il y a urgence car des statistiques récentes apprennent que la génération de jeunes qui arrivent à l'âge adulte est « déculturée » sur le plan gastronomique.
L'avenir du millet
La culture du millet ayant disparu dans les Landes, Slow Food souhaite se consacrer à la survie des variétés anciennes avec le millet commun qui servait autrefois à nourrir les hommes. Pour cette opération, Slow Food Landes veut contribuer à la sauvegarde d'un patrimoine alimentaire local et entend préserver la diversité d'une alimentation de qualité. Dans un passé lointain, du millet l'on sortait le millas et l'escautoun qui était fait avec de la graine de millet, remplacée plus tard, par la farine de maïs.
Prochains rendez-vous Slow Food dans les Landes : le 25 juillet et 18 septembre à Montfort. Contacts : 06 81 01 11 50 et 09 52 61 39 79. Courriel : slowfood.landes@gmail.com
Auteur : Gérard Benquet

samedi 16 juillet 2011

Divagation plus que pélerinage : Montmartre.

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08.06.2009

Montmartre d’il y a soixante ans, Montmartre d’aujourdhui…

Je suis partagé entre deux envies pour démarrer ce lundi sur mon blog.

Eh oui ! L’alternative se pose ainsi : soit je reviens sur le débarquement allié du 6 juin 44 en Normandie, à la faveur d’un article du JDD sur les fusiliers-marins et le commandoo Kieffer débarqué à Ouistreham (Sword Beach) dès le matin, bourgade de pêcheurs et d’agriculteurs,et zone balnéaire de Riva-Bella, libérées rapidement mais au prix fort du sang (revoir mon blog il y a un mois ou cinq semaines) ; soit je relate mon « pèlerinage » montmartrois de mardi dernier.

Pourquoi un pèlerinage ? Parce que… l’enfant que j’ai été entre 5 et 15 ans a vécu à Montmartre (sauf 1949-50 en Allemagne occupée, voir mon post d’hier « Senteurs d’un jardin secret »). Ma mère a su, après s’être lourdement endettée, faire bouillir la marmite en se tuant au travail… jusqu’à ce que mon père ait enfin un emploi stable et correctement rémunéré en… 1951 ! Elle l’a fait en tenant un magasin de lingerie féminine (et frivolités), Sélection, au 11 de la rue Tholozé, sous le Moulin de la Galette. Elle tricotait en outre des liseuses, remaillait les bas, ouvrait le dimanche matin. Nous habitions au 20 de la rue de Clignancourt, non loin de Rochechouart, du Sacré-Cœur et du Boulevard Barbès.

Le séminaire auquel j’ai participé il y a une semaine commençait mardi en fin d’après-midi. Ma belle-fille (Sénégalaise), le fils de mon épouse et nos deux petites filles parisiennes « café au lait » (il y en a quatre autres près de Toulouse) habitent… Montmartre, versant nord-ouest. Je suis « monté » à Paris dès lundi pour passer la soirée avec elles et lui (voir mon récent post de remerciements à une contrôleuse SNCF) ; mardi matin j’avais le temps de flâner, de revoir mon ancien quartier, ce presque village, de parcourir les trajets que ma mère fit des milliers de fois et que je fis souvent avec elle. Bref, cela a vite pris la tournure d’une sorte de pèlerinage, en effet.

Je n’avais pas mon appareil photo ; j’ai donc mobilisé mon téléphone cellulaire pour rapporter quelques photos de qualité moyenne.
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Montant de la Place Blanche, aux frontières du IXème et du XVIIIème, la rue Lepic coupe la rue des Abbesses et entame ici son périple courbe vers le haut de la colline, le Moulin de la Galette et la Place du Tertre. Il y a soixante ans, j’admirais les rideaux de Vichy rouge de ce restaurant… qui représentait pour moi la liberté, les gens qui ont le temps et le fric pour aller au restaurant, mais aussi le confort et la chaleur d’un cadre plutôt rural.
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En haut, au-dessus des escaliers qui ferment la rue Tholozé, dans les arbres : le Moulin de la Galette.

Rue Tholozé qui, tout près, coupe la rue Lepic et la rue des Abbesses et monte droit sur le Moulin de la Galette n’a guère changé. Le mythique Studio 28 d’abord, connu des cinéphiles parisiens :
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Ici, il y avait le cordonnier Descamps, parti en retraite en 1952 ou 1953.
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En face, le magasin était de couleur crème, c’était Sélection, au 11 de la rue. WC (à la turque) à l’entresol de l’immeuble. Pente assez forte : lorsque le livreur de glace posait ses pains sur le trottoir, sur des sacs de jute anti-dérapants… euh… parfois la glace dévalait la rue ! (je le jure, croix de bois, croix de fer, si je mens... on n'y était pour rien !!!...)
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J’allais régulièrement juste au-dessus, rue Durantin, admirer cet hôtel particulier, aujourd’hui résidence en co-propriété et dont le porche est barré par une grille dont l’ouverture est commandée par un digicode :
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La rue, vue des escaliers qui la terminent (tout en bas, on enchaîne sur le bas de la rue Lepic, vers Blanche), qu’adoraient passer en jeep les GIs (l’occupation américaine pour beaucoup… « US go home ! »), juste à côté du Cabaret de Madame Pomme, l'anti-chambre de Patachou pour bien des artistes débutants (aujourd’hui Bar à vin du Moulin).
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La pente, et le fait que la rue se termine par ces escaliers, vous laisse deviner les efforts que faisaient avec leurs carrioles le vitrier (vi-tri-ééé !), le rémouleur (j’aiguise les couteaux-eaux, les ciseaux-eaux) et le marchand de peaux de lapin (peaux d’lapin – peaux !) dont les seules échappatoires étaient la rue Durantin et la rue des Abbesses…
Enfin, un peu plus haut, rue Lepic, le second moulin, en fait la reproduction du Moulin de la Galette, un peu plus visible des passants.
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A suivre…

09.06.2009

Montmartre (suite 1 de ma divagation)

Dès que l’on s’éloigne de quelques mètres des parcours à touristes, par exemple ici en passant par l’Avenue Junot* et la rue Norvins pour revenir sur Le Tertre, on retrouve non seulement le village, mais la commune des artistes et de la bohème, des jardins, des ateliers, des petits hôtels particuliers.
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Je monte vers la Place du Tertre avec en tête tout à la fois mes souvenirs de l’époque (rappel : 1945 – 1955) et une photo de Doisneau.
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Hélas, je vais vite déchanter… Vous aurez plus loin une ou deux images de la place, prises presque à contre cœur. D’abord, prévisible me direz-vous, la foule des touristes. Mais, surtout, chose inconnue pour l’ancien Montmartrois que j’ai été (eh ! 10 ans sur près de 70 ça fait du 14 % tout de même…), la place est devenue un immense restaurant , un velum à dominante rouge, les terrasses étant couvertes. Et, autour, des « peintres » : portraitistes, vendeurs de croûtes diverses et de reproductions répétitives, y compris d’ailleurs que de la Place Saint-Pierre voisine, de celle du Tertre ou de celle du Calvaire… dont beaucoup ont des accents à couper non à l’Opinel® ou au Laguiole® pais à l’acier d’Essen ou de Wüpperthal, de plus à l’est, de plus au nord…
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Bref, nous voici en haut de la rue Lepic. Déjà se profile l’antre à touristes. La rue Poulbot ? parce que, étant gosse, il m’est arrivé d’échapper, entraîné par le fils du cordonnier Descamps (les pains de glace dévalant la rue Tholozé, le chariot en bois à roues patin à roulettes, en fait l’ancêtre du skate-board « assis » et à direction assistée !!!), à la vigilance de ma mère et de cavaler avec les titis du coin, les poulbots.
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Nous sommes maintenant à côté de la Place Saint-Pierre et de la Place du Tertre. Vue sur Paris, et… le village, oui : la paix. Place du Calvaire et dans les rues qui redescendent : personne. A dix mètres c’est la bousculade, et là… ouf ! les lieux que j’avais en mémoire. C’est plus propre qu’à l’époque. Mais le cachet a été conservé. Commune libre de Montmartre !
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A dix mètres ? Eh bien, constatez par vous-même.


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Saint Pierre, mon ancienne paroisse, vieille église romane, teintée de gothique naissant (ogives de voutes), est hélas écrasée par les coupoles byzantines (du XIXème siècle) de la basilique du Sacré-Cœur.

Nous allons nous en approcher mais, je n’aurai pas la chance de la revoir comme jadis en en faisant le tour. Mon téléphone étant sans flash, les images de l’intérieur restent bien sombres, vous m’en voyez fort marri (euh… pas tant que ça).
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Encore vue sur Paris, je vais prendre le funiculaire, pour moi tout moderne (jadis, le jeu consistait à monter et à descendre les escaliers à toute vitesse et retrouver à une des deux stations les passagers entraperçus à l’autre… prenant le « vieux » funiculaire) Je vais descendre vers la rue de Clignancourt, avant de revenir sous la butte vers la Place des Abbesses et la rue Joseph de Maistre (quittée avec la première photo hier, celle du restaurant au coin de cette rue et de la rue Lepic).
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* Souvenirs du Square Junot... Le pensionnaire que j'ai été pendant tant d'années avait évidemment des vacances. Les petites vacances se passaient pour moi au magasin, à Sélection. Ma  mère, s'il faisait beau, m'emmenait "pique-niquer" au square. Parfois en passant par le chemin des écoliers, en haut de cette colline de Montmartre, il y a un labyrinthe de petites rues et chemins propices à de la marche "rurale"...
Pain et jambon généralement, radis au sel, et... mon grand plaisir : gober un oeuf (pour ma mère : oeuf dur). Les oeufs venaient de la crèmerie Tochet (de mémoire, hein ?), le "b.o.f." de la Rue des Abbesses (aujourd'hui "Fromages Marie" si j'ai bien reconnu l'emplacement).
Au tout début de notre arrivée à Montmartre, je me souviens de la queue que ma mère devait faire à certains magasins, pliant, laine et aiguilles à tricoter, et des cartes d'alimentation ou de rationnement (là : je manque de précision... mais j'avais cinq ans).

Petite note pour Morgane.
Ma mère, qui se tuait à la tâche, en plus des liseuses qu'elle tricotait et vendait, remaillait les bas. Elle avait le panonceau "Vitos". Le trop plein de bas à remailler était confié à... Vitos, bien sûr. Lorsque j'étais en vacances, j'étais le coursier. Je descendais donc dans le IXème, chère Morgane. Si ma mémoire ne déconne pas trop, j'allais Rue de Maubeuge (ou peut-être rue de Chateaudun), près de N-D. de Lorette. J'y "descendais" en courant (tout en fouillant dans le sac afin d'éprouver le soyeux de ces bas "nylon" et d'essayer d'imaginer ces bas sur des jambes et des cuisses  interdites), déposais les bas chez Vitos, remontais vite Place Blanche, et... là, là ? là je prenais le temps de regarder, sur la pointe des pieds, toutes ces photos de danseuses, strip-teaseuses, d'artistes en partie dénudées se produisant dans les cabarets aux coins du Boulevard de Clichy et de la rue Lepic et de la rue Blanche. Qu'est-ce que ça m'intiguait, qu'est-ce ça parvenait à... m'exciter, toutes ces formes, cette peau, ces attitudes... Formes que je retrouvais sur les porte-publicité au magasin de ma mère : les soutiens-gorges, gaines, culottes, combinaisons Jesos, Jetien, Lou, Valisère et autres... (je les lorgnais en douce, craignant d'être surpris par le regard de ma mère). Il m'est arrivé d'en faucher, discrètement, dans les tas périmés de l'arrière-boutique, pour... les monnayer au collège religieux où j'ai effectué mes 6ème (redoublée), 5ème, 4 ème et certif, enfin 3ème.
Morgane, j'allais aussi à pieds à la gare St Lazare quand je partais passer deux ou trois jours chez un grand oncle au Vésinet. J'adorais, avec l'autorisation de ma mère (of course !) descendre jusqu'à l'Opéra. Là je faisais les agences des compagnies aériennes. A cette époque on te donnait plein de choses promotionnelles : insignes des compagnies, maquettes d'avions, petits drapeaux... Et je rêvais devant les brochures et affiches montrant le monde entier. Le IXème était ma voie de passage obligatoire...