vendredi 16 septembre 2011

la vie, la vie vraiment (I)

17.12.2010

D'un seul coup je venais de comprendre que le sacrifice de mon père... Hitler et les nazis !

Voici le préambule d'un livre jamais publié, en fait d'un manuscrit dont la fin est perdue dans quelque cahier oublié. Ni même jamais tapé à la machine. Ce qui veut dire que les pages en arriveront au gré des heures disponibles pour une frappe et une mise en forme...


Nous l'appellerons pour le moment le Journal retrouvé d'un démobilisé de 1940.

L'auteur, après avoir été élève d'hypokhagne s'était engagé trois ans dans les chasseurs alpins (terminant sous-lieutenant de chasseurs à pieds après formation à Saint-Maixant) pour échapper à un conseil de famille contrariant ses ambitions. Puis Philippe Orcerolles a été journaliste (carte de presse anodisée retirée par les autorités d'occupation) de 1932 jusqu'à sa mobilisation en 1939. Journaliste de droite, et même monarchiste...



Ce que l'on remarque d'emblée, c'est que dans le contexte des années 30 et de la défaite de 1940, l'auteur, qui est patriote et qui est désespéré en entendant le vieux maréchal, ne se révolte pas contre le contenu en soi de ce discours dont il juge alors qu'il illustre probablement la seule possibilité qu'a le nouveau chef du gouvernement d'éviter plus ample catastrophe. D'autres maurrassiens, à l'instar par exemple d'un Daniel Cordier, réagiront immédiatement en crachant "LE TRAÎTRE !" en direction de Pétain et en s'embarquant immédiatement pour poursuivre la lutte aux côtés des Britanniques, en fait dans les toutes fraîches Forces Françaises Libres du général de Gaulle...



PRÉAMBULE

Dix-sept juin 1940


Je la revois encore cette gare !

Une gare de triage dont toutes les voies étaient encombrées de convois militaires parmi lesquels trois seulement, ceux qui emportaient notre formation de recrues à l’instruction vers une destination encore inconnue, semblaient en bon ordre.

Soudain, des haut-parleurs disposés in peu partout entre les voies, s’éleva une voix chevrotante de vieillard, comme chargée du poids insupportable de la nouvelle qu’elle apportait :

« Moi, Maréchal de France, en ma qualité de chef du gouvernement, j’ai demandé à l’ennemi ses conditions pour que soit signé entre nos deux pays un armistice, dans le respect mutuel et dans l’honneur… » (1)

Mon capitaine et moi nous regardâmes.

Au bout d’une longue minute, je vis une larme qui perlait entre ses cils. Mes yeux aussi s’embuèrent.
Sans un mot nous nous enlaçâmes.


D’un seul coup je venais de comprendre que le sacrifice de mon père, vingt-cinq ans plus tôt, avait été inutile, que tout était à refaire, et que cette voix chevrotante qui en faisait le constat semblait venir de trop d’années et de trop loin pour pouvoir supporter jusqu’à un terme acceptable les exigences de celui de qui il venait de solliciter l’aman.


Hitler, et les nazis !


Depuis huit ans déjà je n’avais cessé de dénoncer(2) le danger de leur insurmontable ascension !

La première fois, c’était lors des élections législatives de 1932.



(1) Ce ne sont sans doute pas là les mots exacts que prononça, ce 17 juin 1940, le Maréchal Pétain. C’est en tout cas ce que j’en ai retenu. Et qui, depuis, hante ma mémoire et crucifie mon amour naïf et viscéral de ma Patrie.

Extraits du discours : "A l’appel de Monsieur le président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France…
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude…
… sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur…
…C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec moi,, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur les moyens de mettre un terme aux hostilités
…"


(2) L’auteur était journaliste (note du mémorialiste)

lundi 12 septembre 2011

Onze septembre

Ce post a été après une absence de quarante-huit heures. Auteur absent de son bureau-capharnaüm... Loin du clavier et de l’écran…

En agglomération bordelaise vendredi et, surtout, dans la nature, sous le cagnard, mais entouré de merveilles botaniques, entomologiques, ornithologiques, paysagères, forestières, lagunaires... samedi.

-*- D’abord parce que le travail d’un Relais de mobilisation de HANDICAP INTERNATIONAL en vue de la préparation de l’évènement annuel que constitue la « Pyramide de Chaussures » [24 septembre 2011 : c’est la 17ème Pyramide de Chaussures de cette ONG, avec cette année 31 villes participantes ; pour Bordeaux-Gironde, ce sera la 11ème] mobilise les bénévole et leurs responsables durant les semaines précédentes et que, pour nous, la soirée de vendredi 9 septembre était… vitale.

Et… réunion presque anniversaire puisque notre ultime réunion de préparation de la Pyramide de 2001 eût lieu le… onze septembre, le jour même, oui… Mais j’anticipe sur le souvenir que je raconte plus loin.


-*- Ensuite parce que, hier, dimanche, j’ai crapahuté toute la journée dans différentes stations remarquables d’un site Natura 2000 qui couvre près de 10 000 ha de la Grande Lande sous formes de landes sèches, landes humides, « landes de berger », forêts de pins maritimes, chênaies (à chênes Tauzin : le chêne des Landes de Gascogne), bétulaies (les bouleaux constituant des peuplements spontanés qui n’existaient pas dans cette région avant la grande forestation du XIXème siècle), concert rose-mauve-violacé d'éricacées (callune, bruyère ciliée, bruyère à quatre angles, brande...), tapis de callune sur lande sèche, et stations de plantes rares au niveau européen comme le minuscule lycopode inondé...

Crapahut effectué sous un soleil « de plomb », par une température à l’ombre de 32°C mais avec, vers la fin de l’après-midi, quelques friselis… tout de même rafraîchissants… Richesse botanique, richesse entomologique, richesse en batraciens et ophidiens, et spectacles permanents de sangliers, et de laies suitées, de chevreuils, hérons cendrés, grande aigrette (une), course d’un faisan, de quoi « se remplir les mirettes ».

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Mais, vous vous en doutez, vous aurez droit à des photos, nombreuses, dont certaines… assez insolites.



Onze septembre


Deux « anniversaires » en une sorte de blackboulage de l’Histoire, de l’histoire américaine, de l’histoire des Amériques…


En effet, c’est le 11 septembre 1973 (il y a 38 ans) que la situation insurrectionnelle voulue par les USA et habilement préparée par leurs services spéciaux et certaines multinationales aboutit, au prétexte de rétablissement de l’ordre, au coup d’état militaire dirigé contre le gouvernement républicain légal présidé par Salvador Allende par le général Pinochet. Les rafles et massacres en nombre, en même temps que les autodafés commencèrent ce jour-là, après que le palais de la Moneda eut été violemment investi et le Président habilement éliminé (acculé au suicide ou… « suicidé ».


Vingt-huit ans plus tard jour pour jour, les États-Unis étaient frappés, sur leur territoire, non par des Chiliens, non par une quelconque organisation « socialiste », mais par une organisation terroriste, justifiant son discours sanguinaire par l’instrumentalisation d’une religion, une organisation ayant, en son temps, bénéficié de certaines largesses américaines dans la mesure où elle contribuait à la lutte armée contre le bloc soviétique… Cruels rapprochements ; cruel retour de flamme !...

2011 : dix ans. Dix ans pour Ground Zero. Dix ans : il y a dix ans deux jets de ligne perforaient les Twin Towers de Manhattan, les deux fleurons plein ciel du quartier des affaires (World Trade Center) qui n’allaient pas tarder à s’effondrer et qui furent le linceul d’un peu plus de trois mille personnes, dont les pirates de l’air eux-mêmes, terroristes islamistes, et ont depuis tué, ou profondément atteint leurs organismes, qelque trois cent cinquante à quatre cents pompiers, secouristes, agents municipaux.


Les media commémorent tous ces dramatiques évènements. Je n’irai pas en rajouter depuis ce modeste blog, sinon pour rapporter deux souvenirs liés à l’évènement, le jour-même et quelques semaines plus tard.


Je n’appris que tard, en faisant des courses, la tragédie qui se nouait dans le ciel « américain » où quatre avions de ligne devaient atteindre en s’écrasant dessus un maximum de symboles de la puissance étatsunienne et de l’occident. Prenant France-Info dans la voiture, j’en sus plus et, rentré chez moi, allumai le téléviseur pour « voir »… Le Worl Trade en boucle.


Il se trouve que le soir du 11 septembre 2001, l’antenne bordelaise de HANDICAP INTERNATIONAL tenait son ultime réunion de préparation de la Pyramide de Chaussures, laquelle se tiendrait sur les quais de Garonne.

Le thème majeur du plaidoyer pour cette pyramide et en tête des cahiers de pétitions à signer, faisant référence à la signature, la ratification et l’application du Traité d’Ottawa d’interdiction totale des mines antipersonnel était « Pour qu’enfin les États-Unis signent le traité d’Ottawa !... »


Abreuvé dans ma voiture via l’autoradio et un zapping entre France-Info et Europe 1 de communiqués et témoignages sur les évènements, je percevais le risque que notre message ne passe pas, du moins qu’il soit reçu comme une manifestation d’anti-américanisme primaire. J’en fis part au cours de la réunion et s’instaura un débat assez « dur » entre bénévoles, celles et ceux qui redoutaient comme moi cette interprétation étant minoritaires.

Les affiches que le siège de HANDICAP INTERNATIONAL nous avait adressées portaient en tête cette fameuse mention.


Quelques jours plus tard, le siège de l’ONG nous fit savoir que l’évolution de l’opinion était telle qu’il valait mieux ne pas insister sur cette injonction. Que, compte-tenu de l’état d’émotion entretenu par les media et le risque, effectivement, d’interprétation de cette injonction, de nouvelles affiches seraient imprimées mais d’une part en petit nombre, de l’autre sans personnalisation de la localité, de façon à limiter les coûts supplémentaires. Des feuilles de pétitions nouvelles nous seraient adressées.


Il y eut deux ou trois bénévoles dévoués qui assurèrent le massicotage du haut des affiches que nous avions en stock de façon que les collages aient lieu aux dates prévues.




En novembre eût lieu le « Forum d’Agen », l’ « observatoire de l’action humanitaire », une institution à l’époque (cette manifestation créée en 1983, année qui a vu Handicap International primé parmi les ONG présentes, a été supprimée après l’édition de 2003), managée par la Guilde du Raid, où un grand nombre d’ONG mais aussi d’associations humanitaires de taille réduite exposaient leur activité, participaient à des réunions-débats à thèmes et primaient en fin de forum (deuxième soir) un projet présenté et mis en route par l’une des associations participantes (j’ai encore en mémoire un e action d’irrigation agronomiquement innovante et particulièrement économe en eau mise en œuvre en Afrique sahélienne, primée en 2002).


George W. Bush venait de lancer les Gi’s et son aviation dans une guerre qui serait sans merci contre les Taliban (un Taleb, des Taliban), contre les talibans si vous préférez, en Afghanistan. Handicap International venait d’être éjecté d’Afghanistan par le pouvoir « religieux » (à l’exception de la section belge autorisée à Kaboul) et s’était replié au Pakistan. Le siège de notre ONG ne pouvant s’investir dans ce forum, c’est l’antenne de Bordeaux-Gironde qui était chargée de monter le stand Handicap International et qui avait reçu toute la documentation d’actualité nous permettant de répondre… à la Presse et aux questions du public.


J’étais retraité depuis une dizaine de mois, donc… disponible. Une bénévole, enseignante a pu trouver un créneau suffisant pour se libérer également pour quarante-huit heures. Nous avons été pas mal sollicités, tous deux, par le public, par d'autres ONG et associations. Mais le moment le plus... euh... angoissant pour nous fut l'interview a donner à (j'ai oublié, soit la locale de Radio-France, soit une FM locale...) une radio. Ce fut en réalité faciole, et relativement bref... par rapport à ce que nous aurions pu dire... compte tenu d'une leçon bien apprise et de notre motivation.

jeudi 1 septembre 2011

Caen, ville martyre, et ville libérée

Cette note est un copié-collé en provenance d'un autre blog que je tiens :


13.05.2009

Caen, ville martyre

Voilà, j'ai retrouvé le premier des deux posts que j'avais commis sur la ville de Caen, citée à l'ordre de la Nation, ville en grande partie détruite à la suite de la Bataille de Normandie, et d'abord par les bombardements effectués par l'artillerie embarquée sur la flotte, l'armada, alliée de débarquement.
Olivier et Morgane m'ont avant hier posé la question, suite à mon post sur les vieilles pierres de Caen.
P1080211.JPGEnsuite, je ferai revenir les photos prises il y a quelques jours (église St Jean) :

22.11.2007

Souvenirs ? Souvenir et hommage...

Séquence émotion. Personnelle, mais cela peut aussi se partager.
Dans une semaine, il y aura deux mois qu'il m'a quitté. J'allais écrire "abandonné"…
Ni lui ni ma mère n'étaient Normands. Mais, installés depuis 1955 à Caen, émigrés sur la côte à 15 km de là en de 1975, ils se sont vraiment attachés à cette Basse-Normandie, de Honfleur au Nez de Jobourg, de Caen à Domfront et Alençon… Nous avons ainsi connu Caen en pleine reconstruction, avec déjà des quartiers entièrement redessinés et reconstruits. Mais aussi avec encore bien des ruines et des terrains vagues…

Je sais, aujourd'hui, que moi aussi, n'y ayant pourtant que peu vécu, je suis attaché à cette région. A cause d'eux bien sûr. En raison, encore plus sûrement, de ces multiples allers-retours que j'y ai effectués ces dernières années, avec ces tentatives d'y promener un vieillard de plus en plus contraint par sa faible mobilité, sa fatigabilité, puis sa dépendance, sa surdité et sa hâte d'en finir… Il a tant aimé nos dernières promenades, même courtes. Le Cotentin il y a quatre ans, quand nous pouvions encore envisager une journée de pérégrinations ; la dégustation d'huîtres à Courseulles il y a deux ans, sa dernière ; cette mer qu'il a encore pu contempler une dernière fois deux mois avant sa mort, en s'excusant de m'avoir fait marcher aussi longtemps en poussant son fauteuil roulant, sachant à quel point j'ai les genoux en mauvais état…

Je sais cet attachement et suis conscient de la part de nostalgie qui l'explique. Mais, aujourd'hui, en entrant dans mon foutoir (officiellement chez moi : mon bureau !), j'ai réalisé que je garde depuis des années à ma vue des photos et cartes postales qui ont, consciemment ou non, une signification pour moi. En voici une.
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Caen avait déjà changé lorsque nous nous y installâmes. Mais, le champ de ruines restait prégnant, croyez-moi. Voici notre quartier, mon église paroissiale : Saint-Jean, en 1945. Magnifique édifice à la tour légèrement inclinée (soutenue par des pilotis et vérins enfoncés dans le soubassement marécageux).

La ville de Caen a été citée à l'ordre de la Nation par Décret du 2 juin 1948, signé par le président de la République (Vincent Auriol), avec attribution de la Croix de Guerre avec Palme. Bien qu'ils furent victimes durant deux mois des bombardements alliés, bien des Caennais, résistants, surent aider les troupes alliées dans les semaines et les mois qui suivirent le débarquement du 6 juin 1944 ; beaucoup d'entre eux le payèrent de leur vie.

Une amie de mon père m'écrit : " Bien sûr Henri me fit découvrir toute la Côte, et en particulier les plages du débarquement. Il avait une immense culture et nous aurions pu l'écouter pendant des heures… Ce qui fut souvent le cas…" Dans le même courrier : " Vos parents ont été pour moi (et pour ma Mère) des amis incomparables. Ils m'ont beaucoup donné, beaucoup enrichie. Chaque rencontre était un moment de bonheur. J'avais le sentiment de vivre "sur un plan supérieur"..."

Je vais retomber dans mon quotidien local. Mais cette évocation est tellement plus passionnante que les petites frustrations d'ego, les guéguerres pour savoir si la mairie doit revenir à Pierre, Paul ou Jacques qui l'attendent depuis tant d'années, ou si elle doit revenir aux citoyens sur la base d'un projet très collectif qui serait porté par un (ou une) "étranger(e)" (il ne s'agit pas de parachutage) ; si elle doit revenir aux Socialistes ou à la "Société civile" et "en tout cas pas à un Communiste"… Mon père, ancien journaliste politique (avant guerre, ensuite les autorités de Vichy et la PropagandStaffel lui retirèrent sa carte) s'était éloigné de ces jeux. Et me regardait parfois avec curiosité : "comment peux-tu te mouvoir dans ces marigots ?"




Et voici les tours de cette église St Jean, vers 21 H, vendredi 1er mai 2009 :P1080213.JPG
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jeudi 25 août 2011

La route, les pollutions et l’espace agricole.

J’avais, il y a deux ans et demi publié une note sur la France des bords de route... ou les bords routiers des champs en France... dont je mets la copie plus bas.

Il s’agissait pour moi non seulement de montrer, reportage sous forme de pps à l’appui, à quel point nos mœurs de consommateurs de kilomètres, de bitume… et de produits jetables polluent la proche nature, en tout cas l’espace rural et agricole, mais –surtout- que ce sont les agriculteurs, réputés « pollueurs » pour l’opinion publique et de nombreux sites internet, blogs et autres organisations « parisianistes » d’écologie… qui sont souvent les premières victimes de cette vilaine pollution ; les forestiers aussi (j’ai, l’an passé, mis en ligne des photos prises non loin de chez moi, de bords de routes en forêt).

Le site « actu-environnement.com » mettait en ligne, hier mercredi, un très intéressant article [Pollution atmosphérique : l’agriculture exposée - lien : http:/www.actu-environnement.com/ae/news/pollution-atmospherique-agriculture-ile-de-france-autoroute-13293.php4] montrant, suite à une étude conjointe de l’INRA et d’Airparif (Pollution de proximité, transport et agriculture), à quel point l’atmosphère d’une autoroute est pollueuse vis-à-vis des sols et de la végétation, entre autre de l’herbe de pâture ou de fauche, le ray-grass.

« Résultat : les mesures ont permis d'observer une augmentation des concentrations de polluants et des dépôts métalliques liés au trafic, à mesure que l'on se rapproche de l'autoroute A6. Et si la pollution atmosphérique expose les personnes à des problèmes respiratoires, le risque de dépôts sur des produits alimentaires est indéniablement tout aussi important. »

L’article indique qu’en Île-de-France, ce sont 50 % des exploitations agricoles qui sont concernées par ces pollutions. Si l’on prend la bande de 250 mètres encadrant les grands axes routiers sur lesquels circulent plus de 4 500 véhicules par jour, ce sont 54 500 ha, soit 10 % de la surface agricole utile (la SAU) francilienne qui sont ainsi pollués ou sous menace de pollution. Le dioxyde d’azote se mesure encore à 120 mètres de l’A6, les dépôts ferreux à 30 mètres, le plomb et le cuivre à quelques mètres ; et par endroits le cadmium est détecté…

Les sociologues de l’INRA se sont intéressés aux réactions des agriculteurs et à l’influence que ces risques ont sur les choix d’implantations des cultures (sachant qu’une réglementation existe toutefois pour les plantes aromatiques et les céréales destinées à l’alimentation infantile). Visiblement, le monde associatif consumériste et/ou écologiste n’a pas encore pris en charge ce type de nuisance, ce que l’INRA résume ainsi : « … les associations environnementales se révèlent "prioritairement préoccupées par l'insécurité, le bruit, les vibrations ou la saturation des réseaux, problèmes sur lesquels elles peuvent agir directement". Or, l'Inra reconnaît que le traitement de la problématique de la pollution de proximité suppose une prise en compte à un niveau plus global du territoire régional, par des mesures de réduction de la pollution à la source et de rationalisation des infrastructures de transports.

Évidemment, les études vont se poursuivre car c’est le risque alimentaire qu’il faut maintenant prendre en compte…

mercredi 24 août 2011

On s'en taon-paone !...

                                    (Discours académique tenant lieu de prière d'un matin)




O taon, suspends ton vol !
Dit le paon grenu,
Et vous, boîte à malices, suspendez votre cours !

                   Le taon passe, le temps s'écoule...
                   Ah! Sweety que n'es-tu rose
                   Esseulée, effeuillée, essoufflée, effacée
                   Et cueillie ?...

                                    Le paon dort, la roue tourne...
                                    Et la poupée aux longs cheveux bruns
                                    Fabrique des petits hommes et des petites filles
                                    Qu'elle exposera au théatre d'ombres:
                                    Il y aura Marie-aux-nattes et ses marionnettes,
                                    Et puis Jane-la-chatte, et la pipe culottée,
                                    Un Burns déculotté de belle manière
                                    Et au mât une culotte "liberté-égalité-fraternité".

O paon, suspends ton vol !
Dit le taon qui passe,
Et vous, malices en boîte,
Vos griffes dans ma lice agitez.

                   Honni soit qui malice pense dit la roue
                   Qui fait le paon dans le mille et une nuits;
                   Au nid soit l'oisillon répond le paon grenu qui ronronne;
                   Ah ? Chiche ! dit le taon qui butine le cannabis:
                   Je me prépare à piquer notre héroïne.

                            Et la féline victime danse déjà,
                            Cheveux emplissant l'espace et balayant les airs

                                       La rose, l'épineuse contemplative, la boit des yeux
                                       Tandis que l'androgyne poupée fait des marionnettes
                                       Qui font des enfants
                                       Qui marchent au pas cadencé
                                       Dans les fumées d'encens et de Burns.
                                       My Sweet Lady Jane, Michèle my belle
                                       Susurrent les vieux tubes dans leur nostalgie centripète.                                             

Imaginachoses murmure le taon qui a le temps
De feuilleter des histoires de rire et de pleurer

Où il est dit de ne craindre ni le paon-dira-taon
Ni le taon-dira-temps, et que les roses ne s'ennuient pas,
Et que les cheveux de Jane dansent,
Et que ses jambes sont élancées,
Et que ses lèvres frémissent.

                                Le paon grenu enfourche le cyclothymique Burns
                                Car sa roue est voilée
                                Comme le regard que Jane porte sur un corps,
                                Et Burns érecte sans rêver dans sa petite tête.
                                Et dans les froufrous d'ailes et de cheveux
                                Voici l'éjaculation des mots,
                                L'orgasme solitaire des images, des senteurs,
                                Et du verbe magique.

 
 
                         B.L. sept.-oct. 1978 – Itinéraires (sous le charme de Pangrenue et Imaginachoses)


















lundi 22 août 2011

Regards... et désirs croisés.

 Voici une note que j'ai publiée en février dernier sur un autre blog.

Une fois de plus, je « montais » à Paris. En train. Le TEE Aquitaine avait été supprimé, mais nous avions des trains « Corail » rapides et supportions les quatre heures de trajet.

Étant parti de très bonne heure de Bordeaux et ainsi fait économiser à l’employeur, l’État c’est-à-dire le contribuable, ce que l’on appelait les « missions » (un repas et un découcher), j’avais opté pour un aller en première classe de façon à prolonger un peu ma nuit dans un compartiment… rideaux tirés. 

Évidemment, les convois s’arrêtant à l’époque au moins à Angoulême, Poitiers, Châtellerault… d’autres voyageurs sont montés en cours de route, tout au plus quatre puisque vous avez pu vous asseoir en face de moi.
J’avais quoi, quarante-quatre, quarante-cinq ans tout au plus.

Je ne sais plus si c’est à Saint-Pierre-des-Corps ou à Fleury-les-Aubrays, plutôt Fleury, que vous êtes montée. 

Élégante sans affectation, ou plutôt « à l’aise », bien posée. Vous étiez brune. Belle plutôt que jolie.

Je n’ai pas pu m’empêcher de vous regarder, essayant de rester discret ce à quoi vous m’aidiez en affectant de regarder ailleurs et d’être intéressée par d’autres objets de curiosité.

Je réduisais déjà le monde ambulant de ce train à vous et à moi.

Peut-être le sentiez-vous. Reprenant ma lecture, ou peut-être un mot croisé, je m’absorbais ou faisais comme si, sans vraiment lâcher du regard vos genoux, vos jambes gainées ; sans être attentif au moindre tressaillement de votre silhouette.

J’étais mort du désir avorté de vous sourire, de vous adresser la parole. J’aurais aimé être à côté de vous ; simuler un relâchement, une somnolence, me donnant l’excuse de frôler votre épaule, tout près de votre parfum. Contempler le profil de ce visage en apparence indifférent à ce compartiment.

Indifférent ? Moins que vous vouliez le laisser croire. Je l’ai compris, hélas, plus tard.
Mais j’étais en face. Face à vos genoux, face à votre buste, face à votre visage. Bonheur fugace et quasiment immatériel. Vous le sentiez, vous me deviniez. Ne dites pas non…

Je me souviens avoir relevé la tablette sous la fenêtre et posé le livre, ou le magazine, oui plutôt un magazine me permettant, alibi des mots croisés, de poser les mains sur cette tablette, les deux mains. Vous contempliez le paysage au loin, là où les collines, les rideaux d’arbres, les églises, les manoirs, défilent moins vite. Mais, j’ai surpris votre regard, plusieurs fois, sous vos cils, derrière vos paupières presque closes, planté sur moi.
L’ai-je imaginé ; ai-je fantasmé ces instants fugitifs ?

Je me souviens… Vous avez sorti un agenda, ou un carnet, je ne sais plus, mais vous avez à votre tour établi une tête de pont sur ce petit territoire où mes mains vous cherchaient. Je me rappelle vos mains. Belles. A la peau légèrement brune… Vos mains, l’une au moins, et… quelques frôlements. J’avais la bouche sèche. 

Vous régniez sur mes sens. Le saviez-vous, le perceviez-vous ? Oh que oui.

Mais déjà les aiguillages, les banlieues, les ralentissements, le bruit, nous signifiaient la fin de cette croisière. Austerlitz approchait. Tétanisé, je vous ai vue vérifier votre maquillage dans un petit miroir, je tremblais à l’intérieur de moi-même, je m’en voulais de cette timidité, ou de cette réserve, les deux, qui faisaient que j’allais vous perdre sans même vous avoir touchée, vous avoir parlé, avoir entendu le son de votre voix.

Paris-Austerlitz. L’agitation de l’arrivée… Nos compagnons de voyage sont sortis, je vous laisse passer devant moi. Et, là, à peine arrivés dans le couloir, nous sommes si proches, vous effleurez ma tempe de vos lèvres. Je vais mourir.

Je vous regarde, je balbutie « Déjà ! Dommage… »

Et vous me répondez « Oui. Dommage ». J’ai la chair de poule, mes jambes se dérobent. «Quel con ! » me dis-je à moi-même. Tout va très vite… déjà vous êtes loin sur le quai. Mon Dieu, ces jambes !.
..
J’ai encore à l’oreille votre voix, légèrement rauque « Oui, dommage ! ».

Cela a été si court, si bref : c’est donc à Fleury-les-Aubrays que vous êtes entrée dans mon champ visuel, que vous avez capté et colonisé mon désir. Quarante-cinq ou cinquante minutes d’un conte, d’une nouvelle, d’un roman… d’une longue aventure que je me suis souvent racontée. A moi, jamais à d’autres… jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à ce post sur un blog.

Regards et désirs croisés.

Depuis, le TGV s’est substitué à ces trains « rapides », toutes les gares ne sont pas systématiquement desservies, la ligne ne passe plus par Fleury-les-Aubrays et le train ne stoppe pas dans l’univers métallique, grandes lignes, RER C, métro aérien de la gare d’Austerlitz mais dans le temple de béton de Montparnasse. On ne met plus que trois heures pour gagner la capitale… et cela semble long, c’est un comble !

Je crois que je n’aime pas le TGV. 

Et vous, quels voyages faites-vous ? Qu’êtes-vous devenue ? Avons-nous vécu le même chambardement de nos sens ? Vous en souvenez-vous, seulement ?

Regards… et désirs croisés. Dommage !

lundi 15 août 2011

Corne de l'Afrique : les ONG ont besoin de votre soutien

Cette crise humanitaire, cette tragédie de la malnutrition dans un contexte de dramatique sècheresse et, en partie, sur fond de conflits armés islamistes, ne soulève pas grand élan de générosité, en particulier au niveau des États.

Quant aux donateurs particuliers, outre leurs propres difficultés de fins de mois pour nombre d'entre eux, beaucoup se disent lassés par les demandes à répétition et restent dubitatifs quant à la répartition des sommes transférées suite au... "tsunami" du 26 décembre 2004 dans l'Océan Indien.


Ici, sur ce site, plusieurs blogs ont le mois dernier lancé des appels. Qui ont ainsi relayé les demandes de l'UNICEF, d'Action contre la faim, ou encore d'Handicap International (http://fr-fr.facebook.com/pages/Handicap-International-Fr...)

En ligne, 20 Minutes a publié un nouveau témoignage :
http://www.20minutes.fr/article/769464/famine-corne-afriq...
Camp de Dadaab 01.jpg
Photo prise au camp de Dadaab (Kenya) ©Corentin Fohlen/Handicap International