dimanche 26 août 2012

On a marché sur la lune.


Beaucoup de monde, les journalistes en premier, parle déjà ou va parler de la mort de Neil Armstrong, ou plutôt, à l’occasion de ce décès, de la vie de cet Américain qui, pilote et astronaute, fut le premier à poser le pied, les pieds, sur la lune il y a déjà quarante-trois ans et un mois.

 

Je n’ajouterai pas à cette déferlante de commentaires et d’évocations, sinon pour remonter à cette nuit (car ici c’était déjà la nuit) qui nous vit, toute une famille dans une arrière-cuisine normande, le nez levé vers « le poste de télé » et… trouvant que tout ça… c’était bien long ! A vous Ioustone, à vous Cap Kennedy.

 

 

J’ai vu les capsules retour de mission ou leurs doubles (puisque chaque mission Gemini puis Apollo était systématiquement préparée en double) au musée de l’Air et de l’Espace de Washington en 1985. J’ai vu les lanceurs, en particulier Saturn V à Cap Canaveral (Cap Kennedy) où j’ai visité le pas de tir alors que Challenger ou Columbia ou Endeavour (vérifier) avait été lancé quelques jours auparavant et allait s’arrimer au Spacelab, j’ai vu la salle de commandement du lancement des missions Apollo (désaffectée), j’ai visité une partie des locaux d’instruction et entrainement des astronautes…

 

Mais c’est aux capsules que je voudrais revenir. Au « nez » (bouclier) cramé, à l’espace vraiment restreint. La capsule Mercury, celle du major John Glenn ou celle de Virgil Grissom ou d’Alan Shepard : un truc impossible, un siège baquet, les sangles, les instruments de contrôle, un hublot, bref ma table de bureau, le PC, les deux imprimantes, trois classeurs… c’est plus vaste que l’habitacle de Mercury (1,7 m3).

 

Les capsules Geminy étaient un peu plus vastes… puisque conçues pour deux astronautes. Donc encore très étroites d’habitacle. Apollo, c’était déjà autre chose, quoique…

 

Dans mes souvenirs, si l’alunissage, la marche, les photos, le  décollage, le retour vers l’orbiter et le retour vers la terre nous ont subjugués et nous ont semblé fantastiques autant qu’angoissants, personnellement c’est auparavant la mission Apollo 8 (décembre 1968) qui m’a le plus subjugué et inquiété.

 

Pour la première fois, des hommes dans l’espace allaient quitter l’orbite terrestre… pour une orbite circumlunaire… et être coupés de la terre (vue et communications) durant le passage derrière la « face cachée » de la lune. Exploit « newtonien » d’abord, confiance phénoménale des astronautes, silence angoissant dans les salles de contrôle, et… cet hénaurme soulagement lorsque la voix venue de l’espace signala que tout allait bien ; la première des dix révolutions lunaires s’était achevée.

 

 

La mort de Neil Armstrong est l’occasion de rappeler à quel point l’ensemble de ces astronautes et des techniciens au sol (sans oublier concepteurs et fabricants des lanceurs, modules et capsules) ont formé un tout par essence solidaire. Au risque d’être frustrant pour chacun d’entre eux qui était rivé au sol, qui ne fut pas du premier vol, qui ne fut pas du premier survol de la lune, qui ne fit pas le premier pas sur la lune… La mission commandée par Armstrong était ingrate et pourtant essentielle pour Michael Collins aux commandes de l’orbiter ; elle fut frustrante pour Buzz Aldrin, le deuxième homme –seulement- à fouler le sol lunaire.

 

À ce titre, Armstrong a toujours été d’une modestie remarquable.
 
 
Photos empruntées à Wikipedia :
 
Mercury, entrainement entrée dans la capsule
 
 
Pas de tir à Cap Kennedy 







mercredi 22 août 2012

À la recherche d’effluves lointains…

Pensionnaire durant tant d’années, élevé et éduqué avec une certaine rigueur, l’adolescent que j’ai été vers la fin des années 50 a essayé de trouver ses créneaux de… "liberté", du moins d’un semblant d’indépendance.


Mon activité dans le scoutisme à l’époque où j’étais en École d’Agriculture me permettait d’occuper une mansarde dans une vieille bâtisse cauchoise, en briques sombres comme il se doit, presque picardes, concédée à la paroisse et affectée à un vicaire, aumônier des scouts de France et au rez-de-chaussée de laquelle j’entretenais un local de réunions pour les "Routiers" et pour la maîtrise "Éclaireurs" (les guillemets encadrent deux des trois âges du mouvement –masculin- des Scouts de France après guerre, les plus jeunes étant les "Louveteaux".



Prenant de moi-même une certaine autonomie ( ?), qui fut dès ma deuxième année d’école d’agriculture renforcée, et en quelque sorte concrétisée, par le vélo, un "cyclo" que mon père me légua (c’était "son" vélo, un vélo des années d’après guerre (peut-être même antérieur à icelle), dérailleur trois pignons, mes rapports avec mes parents commencèrent à se modifier.


Nous étions installés à Caen (ville martyre, cf les notes de mon ancien blog, en pleine reconstruction) depuis 1955. Ma mère ne travaillait plus (erreur… après dix années de commerce intensif, là encore ce fut décrit dans mon ancien blog, dimanches matins compris durant plusieurs années, au cœur de Montmartre, sous le Moulin de la Galette, rue Tholozé) et se cherchait presque désespérément des activités.


Une fierté, mais j’étais un jeune con incapable d’analyser cela, une fierté de ma mère était celle de faire des courses, du lèche-vitrine, ou encore de se rendre aux concerts des JMF (jeunesses musicales de France), au bras de son fils en congés. Elle avait une silhouette altière (qui trompait formidablement sur sa taille réelle) et appréciait que je sois vêtu très correctement. J’avais un duffle-coat gris que je ne mettais que lorsque j’étais en vacances à Caen ; annotation apparemment sans importance sauf… que sur la seule photo souvenir que j'aie de ma mère et moi dans une rue de Caen, je porte ce duffle-coat…


Rien que de très ordinaire à ce que je conte là, j’en conviens. Mais… un ordinaire déjà lointain, dont l’héroïne nous a quittés mon père et moi il y a presque dix-huit ans, une forme de leucémie, et qui pour moi est frappé du sceau d’un certain bonheur, celui encore de l’enfance.

Qu’à l’époque je n’appréciais pas à sa juste valeur… Adolescence ingrate !...
  

Quel rapport avec les effluves, une fragrance, une odeur ? Le garçon bien élevé (mais si !) que j’étais  n’était pas particulièrement précoce en matière de toisons viriles. Quelques poils sur le menton, au bas des joues, quelques velléités, tout juste, au-dessus de la lèvre supérieure… mais à 17 ou 18 ans j’inaugurais un premier rasoir. N’étant pas particulièrement argenté (rappelez-vous ce que je racontais dans mon ancien blog des traites –à la main- des vaches les samedi et dimanche en remplacement de camarades d’école d’agriculture pour me faire un peu d’argent de poche, d’autres expédients… comme ce pari d’avaler un ver de terre, bref je "gagnais ma vie" !!!...), avec ce rasoir mécanique à l’ancienne, lames de rasoir à changer sous peine de vilaines petites estafilades, j’avais acheté une eau d’après-rasage. Bleue.


C’était Ice Blue, d’Aqua Velva. Ce n’était pas une eau de toilette bien recherchée, mais je sentais frais et "le propre". Ma mère appréciait… d’autant que mon père n’était absolument pas adepte d’un quelconque geste de coquetterie de ce genre. Crème à raser, savon : sa jeunesse, son passé de khâgneux, ses trois ans d’engagement militaire… l’avaient à jamais installé dans le propre mais sobre.


Depuis, car tout cela remonte à plus de cinquante ans, j’ai essayé différents "after-shave", j’ai aimé des eaux de toilette et j’en aime au moins trois, une très florale et légère pour l’été et deux plus complexes et distinguées lorsque… "je vais dans le monde" (pufff, pufff).


Mais, j’ai aussi en armoire de toilette de l’Aqua Velva de Williams. Ce n’est plus tout à fait ce qu’était l’Ice Blue d’Aqua Velva : ni le flacon original, ni la couleur qui sembalit plus pastel, ni la "finesse". Néanmoins, la dominante est reconnaissable et…


Et voilà, nous y sommes. Ce matin, après ma douche, j’ai tapoté mes joues, mon cou avec cette eau bleue. Et… comme à chaque fois, j’ai ressenti cette espèce de rappel d’un passé sinon intemporel, du moins indéfinissable, imprécis, accompagné d’une vague sensation de chaleur… et de nostalgie. Avec ma mère.


Cela revêt pour moi une certaine importance car autant mon père a été présent dans mon ancien blog (qu’il a connu un an en 2006-2007 et dont je lui imprimais des pages qu’il commentait, critiquait, lorsque j’allais passer quelques jours auprès de lui) avant et après sa mort, autant ai-je peu parlé de ma mère. Question de pudeur ? Je ne sais… Peut-être d’incompréhension de ma part autour de ses dernières années de vie… et de souffrances qu’elle taisait ; elle qui était si exigeante avec moi et encore plus avec elle-même.


mardi 10 avril 2012

La finitude de la planète bleue... et les oiseaux de Midway

Récemment, je ne sais plus sur quel blog, nous ergotions à propos des néologismes ou barbarismes des politiques, quelqu'un ayant -évidemment- rappelé la bravitude de Ségolène Royal. Et, dans les mots que j'alignai alors, je sortis la finitude de mon clavier, évoquant ainsi la finitude des hydrocarbures et plus généralement des énergies fossiles. La finitude...

En fait c'est de notre planète qu'il faut parler, la planète bleue, ce globe entouré d'une biosphère en danger... Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme (Lavoisier).
Ainsi l'eau, H²0, dont le bilan restera à l'équilibre... sauf que sa répartition sera bouleversée et sa potabilité de plus en plus incertaine. C'est un constituant majeur de la matière vivante : en masse (80% du poids du corps humain par exemple), en fonctionnalités (solvant, siège de réactions biochimiques, hydratant, hydrolyseur, fournisseur d'électrons permettant les oxydo-réductions vitales, régulant le pH...). Mais c'est aussi le constituant des océans, des nappes d'eau, des nuages, des cours d'eau, des glaces polaires, des neiges et névés montagnards...
La planète ne manquera jamais d'eau ; les êtres vivants si. L'humanité en danger est déjà ici ou là en guerre pour l'accès à l'eau...

L'autre soir, sur France 2, Michel Drucker présentait une émission sur l'espace, sur les prouesses de l'ESA et du CNES, sur les "spationautes" (nos cosmonautes, nos astronautes). Et l'un d'eux eut cette phrase, extraordinaire, à peu près "C'est formidable de contempler ainsi notre Terre à distance, un spectacle dont on ne se lasse pas. Mais, c'est en regardant cette planète bleue que j'ai réalisé à quel point cette merveille est fragile et est menacée par nos excès..."

Voilà, il évoquait cette finitude possible : l'uranium extrait aura été transformé en combustible nucléaire dont les déchets auront été "retraités" et enfouis : retour au sous-sol...
Les hydrocarbures, synthétisés par la fonction chlorophyllienne durant des millions d'années, à partir de dioxyde de carbone -du CO²- atmosphériques auront saturé l'atmosphère (et plus largement la biosphère, par exemple les planctons océaniques) en quelque cent cinquante ans, produisant un effet de serre accélérant certainement une phase de réchauffement climatique à laquelle la Terre est soumise.
Des nappes captives d'eau potable, formées au cours des âges, elles aussi durant des centaines de milliers d'années de percolation, filtration et accumulation... sont exploitées, surexploitées même, parfois polluées par cette exploitation ou par les activités humaines (dragages en profondeur, grands chantiers, forages divers...). Et d'aucuns voudraient utiliser l'eau, en la saturant de certaines substances, pour parvenir à l'extraction d'huiles et gaz de schistes... Pour les dernières ressources énergétiques fossiles...

Je ne cherche pas à brosser ici un tableau répondant aux canons d'un certain catastrophisme militant, qu'on se rassure.
Mon propos tient seulement en ce constat qu'au-delà de nos portes, de nos espaces verts, de nos champs, de nos forêts, de nos lacs et rivières, de nos littoraux... il y a le monde.
Au-delà de nos craintes égocentrées, il y a l'humanité, il y a la biodiversité, il y a... la vie.

Il y a cette planète bleue. Où rien ne se perd mais où rien ne se crée : une traduction du mot finitude.

Nos politiques n'en parlent pas, ou si peu, en cette période d'envolées lyriques, meetings, harangues électorales. S'ils en parlent, c'est presque de façon convenue et cela touche bien peu la planète, c'est à dire le reste de l'humanité[*]. Là, par exemple, où l'on manque d'eau, potable surtout, où l'on a faim, où la montée des eaux marines menace des millions d'êtres humains et leurs écosystèmes...

Beaucoup de sociologues et d'économistes, à l'écoute du village mondial comme à celle de notre vieux monde "en crise", nous disent : "substituez le mot transition, mutation, ou - plus fort-  le mot chamboulement, à crise".
Ce à quoi les scientifiques qui auscultent la planète ajoutent les bouleversements des écosystèmes qu'une humanité encore en phase de croissance démographique épuise par ses besoins et pollue par ses déchets.
Ce ne sont pas seulement les avatars de la finance occidentale dont nous subissons les effets mais plus globalement un monde en mutation géopolitique et en danger écologique.

Une amie vient de me faire passer le lien avec une vidéo saisissante : nos cochonneries là-bas, au cœur du Pacifique, à quelque 2000 km de la première côte habitée, et des oisillons et oiseaux qui en crèvent. 
Ouvrez ce lien: http://www.midwayfilm.com

C'est court, mais vous aurez peut-être comme un goût amer en bouche. La personne qui me l'a adressé commente "la pollution... ça n'existe pas, c'est des conneries !..."


[*] L'un des points que j'avais appréciés durant la précédente campagne (2006-2007), celle de Ségolène Royal, par exemple en animant des forums participatifs sur l'environnement, était celui de lier la réflexion sur l'environnement et le développement "sustainable" (durable en farnçais) à celle sur le co-développement et l'action auprès des pays "du sud". Sur ce plan, il faut reconnaître que l'impulsion donnée par Nicolas Hulot y était pour quelque chose.

lundi 9 avril 2012

Aux lectrices et lecteurs, aux visiteuses et visiteurs...

A toutes et tous, je vous dois d'hénaurmes (!) excuses.

Pourquoi ?


Pour beaucoup d'entre vous qui me connaissent, j'ai indiqué que c'est sur ce blog que je rapatriais l'essentiel des PHOTOS utilisées pour illustrer des blogs que j'entretiens, ou entretenais, sur d'autres sites.


Sur ce blog qu'également je rapatriais des textes très personnels, ainsi que des papiers sur l'environnement, sur l'agriculture, sur la forêt, sur les OGM... bref : ce que j'ai écrit sur d'autres blogs, politique politicienne en moins, actualité politique et électorale en moins...


Oui... mais donc : POURQUOI ?


Parce que... la majorité de ces photos, "copiées", n'étaient plus des fichiers .jpg mais des liens avec les blogs sur lesquels elle avaient été publiées... Ayant, pour des raisons personnelles (essentiellement du harcèlement sur un site), détruit deux des blogs concernés... les liens ramènent au sommaire actif de ce site mais pas des images "délétées".


Essayer de reconstituer les posts (les noms ou références des jpeg ne sont plus ceux des fichiers sources de mes disques durs et clés USB) constitue une gageure. Pour l'instant, je n'en ai pas le temps. Et... pas le courage.

mardi 14 février 2012

 

Non, ce n'est pas en Auvergne ! Bon : le Cantal tout de même...



Tenez, un pote m'a adressé cette vidéo... qui n'est pas tournée en Auvergne, c'est certain :
Si par défaut de plug-in la vidéo n'est pas lisible, voici le fichier li-même : CALCUL


D'ailleurs... l'Auvergne, toujours présente dans mes correspondances. Mon ami ancien Conseiller Agricole, l'homme de la Margeride et du -16°C réunis m'a fait parvenir cette photo du Col de Légal (Cantal)


osons !

(tirée d'un montage pps sur "l'hiver en France" effectué par "Jack'50")

Qui dit col chez nous, où ce n'est pas la "haute montagne" avec les cols alpins ou les "ports" pyrénéens, dit en fait passage entre les reliefs. Là, on est à l'ouest des "monts du Cantal", en fait à l'ouest de la caldera volcanique du Cantal, premiers vrais reliefs arrêtant les précipitations atlantiques, et donc premières régions atteintes par la neige automnale puis hivernale. Le "Pas de peyrol", proche, sous le Puy Mary, peut être en congères (équipements spéciaux obligatoires) dès la Toussaint.

Voici l'allure du Col de Légal et ses alentours en été (photos prises en août 2008) :
osons ! cantal
osons ! cantal
osons ! cantal
Au sommet de cette croupe andésitique (volcanique) : un buron.osons ! cantal


Prairies, prairies d'estives, forêt...
osons ! cantal
osons ! cantal
osons ! cantal

osons ! cantalEt toujours, en arrière plan, les restes érodés des rejets volcaniques de la caldera, basaltiques comme à St Flour, andésitiques comme ici, les sommets ou "puys" : Puy de Chavaroche, Puy Mary... mais aussi, au cœur "du volcan Cantal", l'extrusion pyramidale de phonolithe qu'est le Puy Griou.










osons ! cantal


mardi 31 janvier 2012

La terre a tremblé à l’est d’Alger et ici, dans la "Lande girondine", un petit geste de solidarité…

La terre a tremblé à l’est d’Alger et ici, dans la "Lande girondine", un petit geste de solidarité…

01Me1806.JPG
Ce matin, ciel dégagé, soleil éclatant, température plutôt douce pour la saison, il va être plus agréable que ces deux derniers jours de travailler sur "mon chantier", derrière les terrassements effectués par l'entreprise qui sous-traite pour ERDF, notamment replanter un lilas, un tulipier, un cognassier du Japon, et démantibuler et évacuer les quatre lauriers-cerises (héritage du premier propriétaire de cette maison) qu'il a fallu arracher. Un lecteur bienveillant en déduira que je poursuis dans la vaquattitude. Sic transit...
Je mets en ligne ce mercredi la note que j'avais programmée hier matin et qui a été rapidement enlevée et mise en attente par le site.
Nuit de lundi à mardi :
En fait, ce n’est pas la note que j’envisageais de rédiger et mettre en ligne… Mais le hasard a fait que (est-ce d’ailleurs un hasard ?), ce soir, je devais envoyer à une étudiante en communication et évènementiel une série de documents et photos concernant nos carnavals locaux depuis 2006 dans le cadre de sa participation à l’organisation de notre « Carnavélo » 2012.
02Me1806.JPG
04Me1806.JPGDans l’organisation de mon disque dur, il y a, au répertoire de l’association que je préside depuis 2003, les téléthons (le dernier pour nous : 2006, faute d’implication suffisante de la mairie, nous avons abandonné), les carnavals, et… dans mon sous-répertoire images… les scans (de mauvaise qualité) d’une opération menée en 2003, assez particulière et qui a surpris nos concitoyens : une opération " Solidarité Algérie".05Me1806.JPG
Souvenez-vous ! le 21 mai 2003, la terre a tremblé à l’est d’Alger, secteurs de Thénia, Rouiba et Boumerdès. Le séisme a été violent, enregistré à 6,7 sur l’échelle de Richter. Il n’était pas loin de 20 heures ; on a dénombré dès les premières heures qui ont suivi plusieurs centaines de morts et environ 5 000 blessés. Le bilan s'est ensuite alourdi.
06Me1806.JPG
10Sa2106.JPG
11Sa2106.JPG
14Sa2106.JPGDans l’association, l’ancien président est, comme dirait Marius, "PN", venu du Maroc, l’ancienne trésorière l’est aussi. L’un d’entre nous a passé son enfance à Reghaïa, petite ville située dans la zone sinistrée, car son père était sous-officier à la base aérienne… devenue la base hélico des commandos de l’air et d’un secteur de défense aérienne où j’ai passé sept mois en 1960 avant de descendre au Sahara. Autant de personnes se sentant, d’une certaine façon, sinon concernées du moins "solidaires" des populations traumatisées et en situation très précaire.18Lu2306.JPG
En ce début d’été 2003, qui sera caniculaire, nous savons que, si de nombreux douars ont à peu près résisté, il n’en est pas de même en ville : des milliers de familles vivent sous la tente ou dans des locaux permettant de regrouper des sinistrés. Les besoins sont énormes, en matière d’hygiène, de vêtements, de chaussures, de couchage, et en pensant au grand nombre d’enfants.
19Lu2306.JPGNous avons décidé et monté cette opération rapidement. La moyenne surface locale a accepté que nous collections devant ses entrées. La mairie a mis un local à notre disposition pour le tri et l’empaquetage. La commune voisine a mis à notre disposition le camion que vous voyez en photo et son CCAS s’est impliqué dans l’opération. En fait, j’avais dans l’affaire la double casquette de la responsabilité de l’association qui a lancé l’opération, et du bénévolat à l’antenne de Handicap International, associée à l’opération ainsi que le CCAS de la commune voisine.22Lu2306.JPG
23Ve1107.JPGLe plus fatiguant a bien sur été ce tri, ces longues séances de mise en forme de vêtements, voire de couture, d’appariement des chaussures, d’emballage des objets de toilette et d’hygiène.
Mais, le plus… difficile a été le problème de l’acheminement.27Ve1107.JPG
Toutes les pistes explorées se sont révélées soit inopérantes ou… trop onéreuses pour nous (transport aérien), ou administrativement trop lourdes (consulat à Bordeaux).
De guerre lasse, un soir je me suis adressé à une amie, l’épouse d’un ancien collègue et copain, Myriam, une Ouargli avec qui j’avais eu quelques fois le plaisir de parler du Grand Erg Oriental, des Oasis, de Ouargla bien sûr, de la pentapole Ghardaïa, de Touggourt, des cuvettes d’El Oued. Myriam, qui vit à Amiens, est parvenue en moins de quarante-huit heures à me mettre en contact avec un médecin algérien, volontaire pour exercer à Boumerdès durant trois mois. Ce médecin m’a mis en relation avec une cellule du Consulat d’Algérie à Marseille, opérant sur le port, dans les locaux d’anciens abattoirs.
30Ve1107.JPGEt là, au téléphone, à raison de deux vacations par jour pour être certains de bien s’entendre, et d’arriver à un moment où le déchargement serait aisé (car, figurez-vous, que le mouvement de solidarité entre les Algériens, les Maghrébins plus généralement, immigrés ou naturalisés français, et l’Algérie dans le besoin, a été immense et que cette cellule a, par moments, été débordée) nous avons organisé notre débarquement à Marseille.
Le prêt du camion pour un week-end par la commune voisine nous a été d’un grand secours et nous a évité une dépense limite pour notre petite trésorerie. Nous avons pu charger le vendredi après-midi… neuf (9) mètres-cubes, denses, serrés, de biens de secours. F O R M I D A B L E !
31Sa1207.JPGNous sommes partis à deux, l’ancien président de l’asso et moi-même, le samedi matin à quatre heures. A midi nous étions au déchargement à Marseille avec une équipe algérienne accueillante, souriante, qui n’a pas voulu que nous nous fatiguions.32Sa1207.JPG
algérie,séisme,boumerdès,solidarité,accueilEt quand le camion a été vide, que nous avons voulu prendre congé… « où allez-vous ? » « qu’est-ce que c’est, vous n’avez pas mangé ! » « allez, vous restez avec nous, il y a du riz, du ragout de mouton, du yaourt, des fruits, vous restez ! »
algérie,séisme,boumerdès,solidarité,accueil
algérie,séisme,boumerdès,solidarité,accueil
L’hospitalité, la gentillesse telles que je les avais déjà connues en Algérie à la fin des années cinquante (avant de m’y retrouver en uniforme), telles que je les ai retrouvées en été 1971 lors d’un voyage (un stage en fait) d’études effectué avec deux jeunes agros. Et mon collègue d’asso, André (dit Dédé), pied-noir, heureux d’être là.
Nous avons même eu droit à du vin (et avons échappé au Coca-Cola et au Fanta de règle sur la table).
Art2SOSalles.JPG
Article-SOn20.JPG
Le soir, nous avons fait chambre commune dans un hôtel économique non loin de là où régnait la famille Mégret. Le lendemain à midi, nous étions de retour, nous passions chez l’ami Dédé (décédé il y a deux ans) prendre sa voiture pour assurer mon retour chez moi, et je reconduisais le camion à sa base, à 12 km de là.
J’ai fait livrer, dans la semaine qui a suivi, un énorme bouquet de fleurs à Myriam à Amiens, Myriam sans qui nous n’aurions pas eu ces contacts, le médecin à Boumerdès, qui m’avait proposé d’ailleurs de le rejoindre, l’antenne de Marseille du Consulat, ni cet accueil chaleureux et ce repas partagé… Sans qui nous aurions dû nous replier sur la solution "administrative" (formulaires, listes préétablies de biens et matériels à collecter, etc) que nous proposait le consulat bordelais sans même nous garantir des dates d’enlèvement ici…
Solidarité Algérie.jpg

mardi 10 janvier 2012

La reprise de clichés (films négatifs et tirages) et de diapositives pour une numérisation d'archives permet de retrouver des tas d'images, soit oubliées, soit perdues de vue, parfois recherchées, mais dans un autre tiroir, dans un autre placard, dans un autre carton...

Là, nous sommes à Fourcès (gers, aux limites du lot-et-Garonne, en Gascogne).


J'ai aussi retrouvé une photo (numérisation du négatif, comme pour la précédente) que j'ai faite il y a plus de trente ans de la Garonne, au Pont d'Aquitaine, commune de Lormont :


Et je n'ai pas pu m'empêcher d'y associer un autre pont... le Golden Gate (là, contraste plus brutal : c'est une diapositive), pris soit en 1999 (mes derniers meetings avec des viticulteurs -pardon, des directeurs et propriétaires de wineries  de la Nappa Valley), soit en 1995. À l'époque, je tirais moi-même mes diapos en laboratoire et n'ai pas toujours marqué les caches...